Pierre Schaeffer, un anniversaire (1910-1995)

Jacques Bonnaure 03/07/2017
A la fin de la guerre, la musique se divise essentiellement en deux branches principales. L’une poursuit de manière plus ou mois académique des tendances nées avant la guerre. L’autre entend imposer des ruptures radicales. Schaeffer, lui, est déjà ailleurs. Polytechnicien, ingénieur des télécommunications, il s’occupait de bruitages radiophoniques. C’était l’époque où la radio se pensait comme le vecteur d’un art en soi. C’est à partir de ce travail sur les bruits acousmatiques (que l’on entend sans en bien percevoir la source) qu’il va imaginer des objets sonores qui posséderaient une valeur esthétique en soi, loin du solfège et des disciplines d’écriture de la musique instrumentale.
De là la création d’un Studio d’essai ; de là la diffusion en 1948 d’un “Concert de bruits”, qui eut un énorme retentissement, certains voyant là un remake pas sérieux des concerts dadaïstes, d’autres imaginant que c’était là le début d’un art nouveau ; de là surtout la nomination de cette nouvelle discipline, la musique concrète, « collage et assemblage sur bande magnétique de sons préenregistrés à partir de matériaux variés et concrets ». Aujourd’hui encore, entendre les premières Etudes de bruits (Etude aux chemins de fer, aux tourniquets…), c’est éprouver le même sentiment que durent connaître certains auditeurs de l’époque devant cet art brut et totalement neuf.

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