Le Festival de Colmar rend hommage à Michel Plasson

Laurent Vilarem 10/07/2017
Foule des grands soirs à l’église Saint-Matthieu pour la soirée d’ouverture du Festival de Colmar. Le héros de l’édition 2017, Michel Plasson, dirigeait l’Orchestre philharmonique national de Russie dans un magnifique programme de musique française. Le lendemain, la violoniste Fanny Clamagirand et le pianiste Alexandre Kantorow offraient un beau duo équilibré dans la rare Sonate de Strauss.

Pour l’ouverture du festival, l’association entre Michel Plasson et l’orchestre russe promettait beaucoup. D’un côté, un chef à l’esprit “quintessentiellement” français et de l’autre, un orchestre au son slave et ardent. Si les premières mesures de la Symphonie n°2 “Le Double” de Dutilleux rappellent Chostakovitch, Plasson trouve le style juste, en diversifiant notamment les attaques aux cordes. L’orchestration de Dutilleux n’a peut-être jamais semblé aussi profuse, bien que l’acoustique de l’église Saint-Matthieu tende à écraser le concerto grosso (les musiciens disposés en arc de cercle autour du chef) sur le reste de l’orchestre symphonique. Fauve, la direction de Plasson sait aussi se montrer tendre comme dans le fantômatique mouvement final, ici singulièrement lumineux.

On retrouvait cet esprit français dans un Concerto pour la main gauche de haute volée. Auteur avec Plasson d’une des plus belles versions de la discographie, Francois-René Duchable séduit immédiatement par sa conduite de la ligne mélodique, tout en conférant à sa partie soliste un caractère faussement improvisé. Les couleurs du Philharmonique national de Russie sont souvent trop crûes, mais qu’importe, Plasson possède lui aussi le style Ravel, comme le confirmera un Boléro puissant. Visiblement ému par l’hommage que lui rend le Festival de Colmar, l’ancien directeur du Capitole de Toulouse présentait en bis un Jardin féérique de Ma mère l’oye, dédié à Simone Veil et Marianna Chelkova, la regrettée coordinatrice artistique du festival et adjointe à la culture de Colmar.

Le lendemain midi, la violoniste Fanny Clamagirand interprétait un beau récital chambriste, avec des sonates de Saint-Saëns et Debussy où l’on pouvait apprécier son archet élégant et nuancé. Quant à la rare Sonate de Strauss (une œuvre de jeunesse), elle offrait un bel écrin au piano fougueux et poétique d’Alexandre Kantorow. (5 et 6 juillet)

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