Sur la Côte basque, première édition du festival Ravel

Laurent Vilarem 05/09/2017
Le premier week-end du festival Ravel a fait la part belle à la musique du compositeur basque, avec un magistral Concerto en sol par Bertrand Chamayou et un Tzigane enflammé par le violon d’Augustin Dumay. Le lendemain, les pianistes Guillaume Coppola et Hervé Billaut offraient un beau programme de musique viennoise dans le cloître de la cathédrale de Bayonne.

On connaît l’attachement que l’auteur du Boléro a témoigné toute sa vie durant à la région de sa naissance. Pour les 80 ans de la disparition du compositeur, Musique en Côte basque et l’Académie Ravel ont uni leurs forces pour créer le festival Ravel. Une manifestation appelée à grandir comme en atteste la présence conjointe de Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, et d’Alain Rousset, président de la région, lors du concert symphonique donné dans le cadre somptueux de l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz.

Dans Le Festin de l’araignée de Roussel, l’Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine (nouveau nom de l’Orchestre Poitou-Charentes) séduit immédiatement par son engagement rythmique et son sens de la narration. On saluera la poésie de la flûte solo et la direction de Jean-François Heisser, jamais aussi à l’aise que dans les partitions aux atmosphères contrastées. Fidèle ravélien, Bertrand Chamayou interprète ensuite un Concerto en sol au style altier. Le pianiste toulousain témoigne d’un sens de la ligne et d’un art du clavier incisif, qui n’oublie pas de prendre des risques, notamment au long d’un Adagio assai supérieurement construit. En bis, Chamayou fait équipe avec son ancien professeur au Conservatoire, Jean-François Heisser, pour une ondoyante pièce à quatre mains, En bateau, tiré de la Petite Suite de Debussy.

Toujours aussi colorée, la Suite de Ma mère l’Oye réussit moins à l’orchestre néo-aquitain, faute à une expression trop directe et univoque, alors qu’Augustin Dumay bouscule de sa puissante sonorité le Tzigane de 1924, qui se teinte ici de singuliers accents modernistes. On retrouvait le lendemain le violoniste pour une classe de maître dans le bel auditorium Ravel ouvert vers la mer. Car le festival , c’est aussi une académie qui accueille près d’une soixantaine de jeunes musiciens internationaux venus humer les lieux ravéliens en compagnie d’éminents enseignants (Marc Coppey, Marie-Josèphe Jude, Mireille Delunsch, Svetlin Roussev…).

Le festival se déplaçait le soir dans le cloître de la cathédrale de Bayonne pour un concert de piano à quatre mains. Dès les premières mesures du Divertissement à la hongroise D.818 de Schubert, Guillaume Coppola et Hervé Billaut impressionnent par leur sensibilité et leur complicité, comme le confirmeront les Valses et Danses hongroises de Brahms, certes légères, mais de haute volée. (1er et 2 septembre)

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