L’Orchestre français des jeunes fait son festival à Besançon

Emmanuel Andrieu 12/09/2017
Le 70e Festival de musique Besançon Franche-Comté fait comme toujours la part belle aux formations orchestrales. Après un concert d’ouverture donné par l’orchestre Victor-Hugo-Franche-Comté (honneur à la formation locale !), l’Orchestre français des jeunes se produisait sous la direction de Fabien Gabel, son nouveau chef titulaire, tandis que le lendemain se déroulait un hommage pianistique à Dinu Lipatti.

La première partie du concert de l’Orchestre français des jeunes est consacrée à la Suite de valses du Chevalier à la rose de Strauss. Cette suite orchestrale n’est pas une somme de l’opéra mais une série de moments-clés réalisée par le fameux chef polonais Artur Rodzinski (et agréée par Strauss lui-même) ; on y retrouve de forts beaux moments, fidèlement dirigés par le jeune chef avec la magie et la fantaisie nécessaires ici pour leur donner chair. Solistes impeccables, les bois et les cuivres retiennent l’attention, mais ce sont les cordes qui homogénéisent la richesse orchestrale, et donnent leur rutilance aux crescendi ou decrescendi de tutti impeccables.

En seconde partie, Gabel livre une lecture de la Symphonie fantastique de Berlioz, poétique et envoûtante, privilégiant les textures foisonnantes de la partition, loin de tout histrionisme malvenu. C’est merveille que d’entendre, sous sa battue, toutes les subtilités d’un ouvrage d’une prophétique modernité. Rêveries et passions sont investies d’un lyrisme et d’une chaleur débordantes, le Bal d’une légèreté réjouissante et la Scène aux champs de détails bucoliques aux chatoyantes couleurs. Les deux derniers mouvements, la Marche au supplice et le Songe d’une nuit de sabbat convainquent moins du fait d’une certaine carence d’ironie grinçante et de sulfureuse folie, mais la vision du chef s’impose au final par sa rare cohérence.

Le lendemain, récital de piano dans la magnifique salle du parlement de Franche-Comté, en hommage au légendaire pianiste roumain Dinu Lipatti qui a donné son dernier concert public dans cette même salle en 1950. Le pianiste (également roumain) Daniel Goiti débute le concert par un des morceaux joués par Lipatti lors de ce fameux concert : la Partita n°1 de Bach. Mais c’est dans les pièces de Scriabine qui suivent qu’il convainc le mieux, les Deux Poèmes op.32 et la Sonate n°2 op 19. L’écriture de ces morceaux est foisonnante, et frôle parfois la saturation sonore, d’une exécution donc périlleuse que le virtuose roumain domine avec une étonnante assurance de jeu. Nous retiendrons également les deux études-tableaux de Rachmaninov (les opus 33 n°2 et 39 n°5) que Goiti interprète ensuite, pièces dans lesquelles il se montre particulièrement éloquent : pas une note, pas une phrase n’est ici dénuée de sens, ou privée d’intention. Malgré les vivats nourris, le public n’obtiendra pas de bis… (10 et 11 septembre)

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