Ensembles spécialisés : une saison mitigée

Suzanne Gervais 10/10/2017
Le panorama de la saison 2017-2018 des ensembles est contrasté : certains proposent des saisons étoffées, ponctuées de tournées au long cours, mais la majorité n’est pas en mesure de présenter un agenda étoffé. On estime à 180 le nombre d’ensembles spécialisés en France : le cas par cas n’étant pas possible, nous évoquerons quelques tendances de fond.
La période électorale a suscité une profonde incertitude quant à la pérennité des aides dont bénéficient les structures musicales. Conséquence immédiate : les engagements à long terme sont de plus en plus rares. A ce contexte incertain, il faut ajouter la suppression pure et simple de plusieurs manifestations, comme le Festival d’Ile-de-France. Un contexte qui cristallise les difficultés des ensembles spécialisés.

La diffusion en chute libre

Les ensembles peinent à vendre leurs programmes. Le nombre de représentations a chuté de 10 % au cours de la période 2014-2016. « La diminution des concerts est inquiétante, mais la chute est moins rapide qu’entre 2012 et 2014, nuance Marie Christophe-Hédin, déléguée générale de la Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés (Fevis). La précarité des ensembles est malgré tout préoccupante. La France manque cruellement de lieux de diffusion pour les répertoires baroques et contemporains. Les ensembles spécialisés peuvent compter sur quelques grands auditoriums et une poignée de scènes nationales comme Orléans, la MC2 de Grenoble, le Tandem à Arras, le théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines ou le Quartz à Brest, mais c’est à peu près tout. » Parmi les ensembles spécialisés, les ensembles contemporains subissent, plus encore, la chute du nombre de concerts. Le taux de fréquentation des concerts est plus faible, il faut alors ruser pour appâter le public : proposer des programmes attrayants précédés d’avant-concerts explicatifs et miser sur une communication tonique. Ainsi, l’Ensemble intercontemporain a un slogan très clair, “Jouer avec l’air du temps”, et propose des formats originaux : en novembre à Bois-le-Duc, aux Pays-Bas, la formation s’associe au collectif de vidéastes 33 1/3 pour interpréter No More Masterpieces de Wolfgang Rihm pour 16 instruments et écrans. On l’entendra à la Philharmonie de Paris, ce même mois, dans In Vain de Georg Friedrich Haas, une pièce avec projection lumineuse. En décembre, les musiciens s’associent à l’Orchestre du Conservatoire de Paris et au chœur Aedes pour interpréter Coro de Berio. D’autres formations contemporaines flirtent avec le spectacle, comme l’ensemble nantais Offrandes et sa nouvelle production, “Pauvre Socrate” : début 2018, les musiciens interpréteront le Socrate composé par Satie en 1918 d’après trois textes de Platon et Cheap Imitation de John Cage, version spectrale de l’œuvre du compositeur français.

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