Martha Argerich et le National à la maison de la Radio

Emmanuel Andrieu 10/10/2017
L’Orchestre national de France fait salle comble à l’auditorium de Radio France, mais si la curiosité d’écouter le nouveau directeur musical Emmanuel Krivine aux commandes de son orchestre est grande, la majeure partie du public est avant tout venue pour la présence de la pianiste Martha Argerich !

L’orchestre en formation complète a d’abord présenté une pièce de Boris Blacher, Variations sur un thème de Paganini, le même que celui choisi par Rachmaninov, celui du 24e Caprice, d’abord exposé au violon avant d’être repris par tout l’orchestre. L’œuvre d’une quinzaine de minutes fait appel au jazz et mêle avec bonheur plusieurs influences en transférant à tous les instruments la mélodie principale. Et c’est un Emmanuel Krivine dynamique qui nous entraîne, en sautillant sur son pupitre… au risque de manquer de tomber à la fin d’un tutti !

Cette musique influencée par le jazz est une bonne préparation à la suite, le Concerto en sol de Ravel, pièce aussi magique autant que délectable, surtout quand il est interprété par Martha Argerich. Le fouet claque doucement à l’orchestre pour lancer la musique, mais tout de suite après le piccolo expose superbement le premier thème populaire. Puis les cordes jouent en pizzicato, et enfin le piano apparaît, avec ce toucher magique et indescriptible de la légendaire pianiste. Comme si cela ne suffisait pas, Argerich revient et offre un premier bis avec le violon solo de l’orchestre, Sarah Nemtanu : Schön Rosmarin de Kreisler. Puis face à la déferlante d’applaudissements un second, seule, une pièce de Scarlatti traitée comme du Chopin !

En seconde partie, l’ensemble et le chef interprètent la suite symphonique Shéhérazade de Rimski-Korsakov. De beaux moments apparaissent entre les flux et reflux de la matière orchestrale, mais le trop plein d’effets crée à la longue un certain mal de mer, bien contrebalancé cependant par les solos magnifiques – tout au long de la traversée – de Sarah Nemtanu. Une polka de Johann Strauss conclut cette soirée avec éclat. (5 octobre)

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