Le “nouveau monde” de l’Orchestre national d’Ile-de-France à la Philharmonie de Paris

Laurent Vilarem 23/10/2017
Il souffle en cette rentrée un vent d’enthousiasme sur l’Orchestre national d’Ile-de-France. La direction enflammée d’Enrique Mazzola créé de nouvelles étincelles dans un programme “New World”, donné à la Philharmonie de Paris et conclu par une euphorisante Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak.

Première excellente nouvelle de ce concert : la diversité et la jeunesse du public. Les applaudissements spontanés fusent au fur et à mesure de la soirée, et une belle interaction se noue entre les musiciens et le nombreux public scolaire. Inaugurant le programme, Uto est une pièce pour tambours japonais (des taikos) joués par quatre percussionnistes. C’est la première pièce du nouveau compositeur en résidence de l’Orchestre national d’Ile-de-France, l’Anglo-Japonais Dai Fujikura. Une œuvre qui n’augure certes pas du style de son auteur mais joue avec efficacité des unissons et des décalages rythmiques, façon Steve Reich. L’épisode central suggère joliment la figuration d’une pluie tropicale.

Enrique Mazzola montait ensuite sur scène et présentait avec une fièvre toute latine au public la deuxième pièce du programme. Doctor Atomic Symphony n’est pas l’œuvre la plus inspirée de John Adams. Tirée de l’opéra du même nom, la musique est l’une des plus décousues et artificielles du compositeur américain. A la manière d’un concerto pour orchestre qui ferait chanter les différents groupes d’instruments (la partie vocale est souvent retranscrite aux cordes graves ou aux cuivres), l’œuvre s’affirme comme une démonstration symphonique, magnifiquement exécutée par l’orchestre. Les cuivres, notamment, s’acquittent avec brio de leur redoutable partie et réalisent un sans-faute.

On retrouvera cette même flamme dans la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak. La direction de Mazzola est “à l’américaine”, c’est-à-dire véhémente, scintillante, énergique, mais réserve de beaux moments de poésie dans le Largo. Le public scolaire, dissipé en début de concert, applaudit à tout rompre un programme conclu par une Danse slave de Dvorak, aux airs de fête. (20 octobre)

Pour lire la suite ( %) choisissez votre offre :

Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner
Cet article premium

Acheter cet article
Pack (crédité 12 €)

10 €

Acheter un pack
Partager:

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous