500 numéros !

Philippe Thanh 02/11/2017
La Lettre du Musicien aura 33 ans à la fin de l’année. Avec un rythme inchangé de quinze numéros par an (l’idée était de paraître deux fois par mois, sauf les mois comportant des vacances scolaires), nous voici arrivés au numéro 500 !  Qui l’eût cru à l’époque ?

Certainement pas sa fondatrice, Michèle Worms, qui avait lancé ce modeste magazine – l’opus 1 ne comptait que huit pages – pour donner aux musiciens professionnels les informations que la presse musicale destinée au grand public (à l’époque Diapason-Harmonie, Le Monde de la musique, Répertoire…) ne publiait pas.
C’était pourtant un pari risqué que de lancer une lettre d’information indépendante (elle l’est toujours aujourd’hui), sans le soutien d’un groupe de presse. Par bonheur, le milieu musical d’alors a tout de suite réagi positivement – abonnés et annonceurs confiants… – prouvant ainsi que La Lettre du Musicien répondait à une attente.
Cinq cents numéros, c’est l’occasion de se livrer à une rétrospective qui montre que notre – votre – magazine est résolument tourné vers l’avenir.

1984 Parution, en décembre, du premier numéro de La Lettre du Musicien (huit pages !). L’abonnement annuel vaut alors 250 francs (ce qui montre ­combien nos tarifs sont, depuis, restés raisonnables).

1987 Lancement du hors-série Piano. Au sommaire, un entretien de fond avec Paul Badura-Skoda. Cette revue annuelle, paraissant chaque été, comptera rapidement jusqu’à 200 pages et s’imposera comme “le” magazine de référence du piano.

2000 Première édition du Grand Prix Lycéen des Compositeurs qui permet, chaque année, à plusieurs milliers de lycéens de se familiariser avec la musique contemporaine. Avec le soutien de fidèles partenaires, La Lettre du Musicien fera vivre ce beau projet pendant treize ans avant de passer le flambeau à Musique nouvelle en liberté qui poursuit l’aventure.
Publication du Répertoire des conservatoires et écoles de musique en France, qui recense plus de 3 600 établissements publics et privés. Cet usuel connaîtra sept éditions biennales avant de devenir une base de données mise à jour en temps réel et consultable sur internet.
Publication du premier dossier consacré à un instrument, en l’occurrence le saxophone (n° 234). Suivront la trompette, le trombone… et la plupart des instruments, ainsi que des dossiers thématiques sur la voix, le chant choral, les fanfares, les instruments “petites mains”…

2010 En septembre, le n° 391 compte 104 pages, dont un dossier consacré à la flûte traversière, un record dans l’histoire de La Lettre du Musicien. On est loin des huit pages des débuts…

2011 Refonte du site internet de la Lettre, désormais complété par une boutique en ligne. Le site éditorial reprend tous les articles de fond de l’édition papier (en accès payant pour les non abonnés) et offre aussi des contenus qui lui sont propres : revue de presse, nouvelles brèves, comptes rendus de concerts… Quant à la boutique, elle simplifie la vie de nombre de nos lecteurs (« Quelle joie de pouvoir renouveler mon abonnement en quelques clics, sans avoir à remplir un chèque, le mettre sous enveloppe et le poster ! » nous confie alors l’un d’eux).

2013 Lancement du Guide fiscal du musicien, un numéro hors-­série qui paraîtra désormais chaque printemps, pour aider les musiciens à remplir leur déclaration de revenus. De là à dire que cette corvée devient du coup un plaisir, il y a un pas que nous ne franchirons pas !
Parution d’Enseigner la musique de Patrick Prunel, premier titre de la collection des “Guides pratiques”. Aujourd’hui, sept titres sont parus, disponibles en pdf et pour la plupart en papier ; d’autres sont en préparation.

2014 Développement de systèmes d’abonnement (presque) à la carte pour répondre aux attentes diverses de nos lecteurs, musiciens individuels, orchestres, conservatoires : abonnements papier, pdf, mixtes…

2015 La revue Piano cède la place au site www.revuepiano.com qui met à la disposition de tous la plupart des articles publiés pendant vingt-sept années : articles de fond, grands entretiens, conseils d’interprétation, études historiques, dossiers sur la facture… Cet ensemble, correspondant à plus de 5 000 pages publiées, constitue un fonds documentaire précieux pour tous ceux qui s’intéressent à l’instrument.

2017 Lancement d’une application pour smartphone qui reprend le contenu du site web. A cette occasion, mise en place sur le site web et l’appli d’un agenda où les musiciens peuvent annoncer eux-mêmes leurs concerts, qui seront géolocalisés !

La Lettre du Musicien témoin de son temps

En 500 numéros, La Lettre du Musicien aura vu passer 14 ministres de la Culture : Jack Lang, François Léotard, Jack Lang à nouveau, Jacques Toubon, Philippe Douste-Blazy, Catherine Trautmann, Catherine Tasca, Jean-Jacques Aillagon, Renaud Donnedieu de Vabres, Christine Albanel, Frédéric Mitterrand, Aurélie Filippetti, Fleur Pellerin, Audrey Azoulay et enfin Françoise Nyssen.
Elle aura vu aussi la Direction de la musique et de la danse se fondre dans une Direction de la musique, du théâtre et des spectacles (en 1998), elle-même bientôt absorbée dans la Direction générale de la création artistique (2010). Des instances de décision qui se sont éloignées de plus en plus des musiciens.
Elle aura suivi de nombreux “grands projets”, de la genèse à leur réalisation, en passant par les enthousiasmes et les découragements, les atermoiements et les “gels”, les retards et les dépassements budgétaires, puis les inaugurations et le succès au rendez-vous : l’Opéra Bastille, l’auditorium de Dijon, le Conservatoire de Paris, l’auditorium de Bordeaux, l’auditorium de Radio France, la Philharmonie de Paris, la Seine musicale… sans parler des rénovations de théâtres et de salles, des nombreux conservatoires en région qui bénéficient de nouveaux locaux ou de réhabilitations ambitieuses.
Elle aura vu – chose qu’elle appelait de ses vœux depuis ses débuts – la profession musicale se structurer pour faire entendre sa voix. Ainsi, en 1990, La Lettre du Musicien, avertie du projet de rattacher les professeurs de conservatoire à la fonction publique territoriale, alertera les musiciens. Ceux-ci créeront une coordination nationale et pèseront ainsi sur les pouvoirs publics, obtenant notamment l’aménagement de la durée du temps de travail. L’année suivante voit la naissance de Musique nouvelle en liberté qui aide à la diffusion de la musique contemporaine. La Fevis naît en 1999 et rassemble les ensembles indépendants ; l’AFO qui réunit les orchestres symphoniques voit le jour en 2000.
Elle aura vu les phénomènes de concentration se produire dans l’édition : les Editions Henry-Lemoine acquérir Van de Velde puis Jobert, les éditions Gérard-Billaudot reprendre le fonds des Editions françaises de musique. Elle aura aussi vu l’édition s’internationaliser avec l’entrée des éditions Durand-Salabert-Eschig dans le giron d’Universal Music, les éditions Leduc rachetées par Music Sales…
Elle aura, enfin, accompagné le salon Musicora, né lui aussi en 1984, tout au long de son existence.

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