Anniversaires

Philippe Thanh 14/11/2017
Comme chaque année à la même époque, nous publions une liste des compositeurs dont on fêtera le centenaire ou le cinquantenaire l’année suivante. Comme chaque année, on sait d’avance qui sera à l’honneur et qui sera oublié.
On peut sans risque pronostiquer que Debussy (1862-1918) sera joué un peu partout (comme il l’est chaque année, anniversaire ou pas), François Couperin (1668-1733) aussi. Gounod (1818-1893) le sera un peu moins, même si le Palazzetto Bru Zane lui consacre, cette saison, une bonne part des efforts qu’il accomplit en faveur de la musique romantique française.
Formons des vœux pour que la musique trop peu jouée de Lili Boulanger (1893-1918) connaisse un regain d’intérêt. Quant aux autres compositeurs dont nous rappelons l’anniversaire – en France, les Blavet, Jadin, Littolf – seront-ils davantage joués en 2018 ? Sans même songer à ce Pantaleon Hebenstreit qui étonna Louis XIV, on aimerait aussi découvrir la musique d’Antonio Bazzini ou entendre davantage celle de César Cui…
L’année prochaine marquera aussi l’anniversaire de Rossini (1792-1868). L’auteur du Barbier de Séville est l’un des plus joués dans le monde parmi les compositeurs d’opéras. Quelle est la signification d’une année anniversaire pour un musicien aussi populaire ?
Telle est la limite de ces célébrations qui, au fond, fêtent des musiciens célèbres et laissent dans l’ombre ceux qu’elles pourraient en sortir.
Mais, en des temps où les orchestres et salles de concert ne peuvent plus se permettre de prendre de risques, comment en irait-il autrement ? Imaginerait-on aujourd’hui qu’un théâtre programme l’intégrale des opéras d’un compositeur, comme Nice l’avait fait lors de l’année Mozart en 1991 ? Et s’agissant de Mozart, le risque de jouer devant une salle à moitié vide était limité !
Mais, les compositeurs ne sont pas les seuls que l’on fête. Cette année 2017 a vu nombre d’ensembles et d’orchestres fêter leurs 25, 30 ou 50 ans. En 1967, ceux qui ont tenu sur les fonts baptismaux l’Orchestre de Paris pouvaient sans doute lui prédire un avenir brillant et une belle longévité. Mais la même année, Jean-Claude Malgoire, en créant son ensemble, imaginait-il que, cinquante ans plus tard, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy serait toujours active ?
Dans ce numéro, nous consacrons donc un article aux anniversaires des orchestres : comment marquer d’une pierre blanche un tel événement ? C’est l’occasion de souhaiter à toutes ces phalanges et aux si nombreux ensembles spécialisés (la Fevis, qui ne les rassemble pas tous, en compte près de 140 !) de connaître le même succès et la même longévité pour le plus grand bien de la musique que nous partageons et pour le plus grand bonheur du public qui l’écoute.

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