De Lyon à Paris, le triomphe d’Attila de Verdi

Philippe Thanh 18/11/2017

Après un Macbeth venu du Teatro regio de Turin, le théâtre des Champs-Elysées accueillait, également en version de concert, un autre opéra de jeunesse de Verdi, Attila, donné avec les forces de l’Opéra de Lyon, partenaire du théâtre de l’avenue Montaigne depuis de longues années.

Dans le rôle du roi des Huns, Erwin Schrott s’impose au fil de l’ouvrage par la qualité de son timbre et l’ampleur de ses moyens qui lui ont rallié les suffrages du public. Au premier acte pourtant, le baryton-basse uruguayen n’avait pas laissé d’inquiéter par une justesse parfois approximative. Le chanteur a cependant vite fait oublier ces débuts incertains et s’est révélé dans le très attendu « Mentre gonfiarsi l’anima ». Mieux, Schrott se montre un partenaire attentif et sait nuancer son interprétation et composer un Attila tourmenté.

Face à lui, la soprano russe Tatiana Serjan possède indiscutablement les moyens d’Odabella : grande voix de soprano dramatique qui affronte crânement l’air d’entrée, avec des aigus projetés avec force et des graves pleinement assumés, et interprète cependant capable de nuances. Le baryton russe Alexey Markov incarne le général romain Ezio, avec un chant élégant et une belle ligne de chant, tandis que, en Foresto, Massimo Giordano ne laisse guère son chant s’épanouir, avec une émission excessivement prudente. Le ténor italien a pour lui cependant une diction et un style soignés et il est à peu près le seul au sein d’une distribution dont cela ne semble pas être le souci principal. Interventions réussies de Grégoire Mour, du Studio de l’Opéra de Lyon (un Udino que le jeune ténor a su faire exister) et d’un artiste du chœur, Paolo Stuppenengo, dans la brève mais saisissante intervention de Leone.

Sous la direction de Daniele Rustioni, son chef permanent, l’orchestre de l’Opéra de Lyon a superbement accompagné les solistes, le chef à la gestuelle très imagée dépensant une belle énergie pour faire saisir ses intentions… sans doute plus au public qu’à ses musiciens. Enfin, le chœur lyonnais s’est imposé, lui aussi, dans un opéra qui le sollicite fréquemment, notamment dans le magnifique finale du premier acte. (15 novembre)

A lire aussi : Macbeth au théâtre des Champs-Elysées

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