L’Orchestre philharmonique de Marseille, de Brahms à Dutilleux

Emmanuel Andrieu 22/11/2017
Pour son premier concert de la saison à la tête de l’Orchestre philharmonique de Marseille qu’il dirige depuis 2012, Lawrence Foster a choisi un programme éclectique réunissant des œuvres de Dutilleux, Bartok – avec le pianiste Jean-Efflam Bavouzet – et Brahms.

Le concert débute cependant par un extrait de L’Apprenti Sorcier de Dukas, joué par les cuivres, en hommage à un de leurs collègues, trompettiste, décédé l’été dernier. Après cet aparté, le concert se poursuit avec les Métaboles de Dutilleux dans lesquelles la phalange phocéenne – décidément en constant progrès – brille de de tous ses feux, par l’épanouissement des timbres de l’orchestre, et une certaine sensualité de la matière sonore qui envoûte.

Après cette alléchante mise en bouche, le pianiste Jean-Efflam Bavouzet (qui fait surtout carrière à l’étranger…) s’attelle à son piano pour nous livrer l’ardu Concerto n°1 de Bartok (une œuvre qu’il a naguère enregistrée pour le label Chandos). Hommage à la musique baroque et notamment à Bach, c’est plus avec le jazz (du moins dans le premier mouvement) que l’oreille trouve des similitudes : Bavouzet s’amuse ici des moindres difficultés, servi qu’il est par sa remarquable technique. De son côté, Foster dirige avec une grande concentration un orchestre totalement impliqué, qu’il s’agisse des cordes (dont les tutti du premier mouvement offrent une violence toute sauvage) ou des percussions (triangle, timbales, caisse claire…), partenaires de premier plan du pianiste (surtout dans le deuxième mouvement), qu’on a pris soin de placer en farandole autour du piano (comme le souhaitait au demeurant le compositeur hongrois…). En bis, L’Isle joyeuse de Debussy dont le jeu ludique et varié, sous les doigts de Bavouzet, évoque de manière sensible la joie et la vie.

En seconde partie, l’Orchestre s’attaque à un monument symphonique : la Troisième Symphonie de Brahms. Foster y fait montre de la même attention constante que dans l’ouvrage bartokien. La belle respiration interne qu’il obtient de ses instrumentistes rend très lisibles les différents plans sonores des deux premiers mouvements et permet de caractériser chaque tableau harmonique. Dans les deux derniers mouvements, les violons libèrent une incroyable énergie, et le sublime thème du troisième mouvement laisse apparaître des couleurs empreintes de mélancolie et de retenue. Enfin, l’orchestre fait preuve d’un surcroît d’unité dans un final aux élans enflammés pour terminer la soirée… en beauté ! (17 novembre)

Pour lire la suite ( %) choisissez votre offre :

Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner
Cet article premium

Acheter cet article
Pack (crédité 12 €)

10 €

Acheter un pack
Partager:

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous