A Paris, le 28e concours des Grands Amateurs de piano

A l’amphithéâtre de la faculté d’Assas, cinq finalistes de haut niveau présentaient leur programme dans cet incontournable concours de piano organisé par Gérard Bekerman.

Le premier prix et le prix de la presse reviennent à William Galton (professeur de mathématiques à Cambridge). Un élégant et raffiné Impromptu n° 3 D 935 de Schubert, d’une vérité désarmante, précède deux pages de Chopin, la tourbillonnante et capricieuse Valse en la bémol op. 42, dans toute la souplesse de sa polyrythmie et le Scherzo n° 3, tumultueux et solennel. La Rhapsodie hongroise n° 6, aux véritables accents tziganes et aux frénétiques octaves de sa friska, déchaîne l’enthousiasme. Dans l’ensemble de son programme, le pianiste fait un sans-faute de goût et de technique ; son clair, fin et équilibré, attention portée à la phrase, chic et conscience stylistique remarquables.

Fort d’une technique et d’une endurance à toute épreuve, Eric Rouach (agent immobilier à Tel Aviv) remporte le deuxième prix. Particulièrement dense, son programme souffre de la proximité avec celui du candidat précédent: Chaconne de Bach-Busoni et sonate Après une lecture du Dante de Liszt. Grandes ressources dynamiques, octaves impeccables, jeu polyphonique : l’ensemble pâtit toutefois d’une conception par trop héroïque. Un florilège de pièces contrastées, mettant en valeur d’autres qualités musicales, eût été plus indiqué. 

Jean-Roch Le Henaff (étudiant en médecine à Montpellier) se voit décerner un troisième prix avec une remarquable Sonate en si mineur de Liszt, magnifiquement construite, où il apporte fraîcheur et réflexion, dans une belle palette sonore, avec le sens du timing, un jeu naturel et incisif.

Pianiste extrêmement musicien, Julien Eyraud (avocat général à la cour d’assises – cour d’appel de Paris) qui obtient un quatrième prix ex aequo, nous enchante avec une belle palette dynamique, généreuse en demi-teintes et en pianissimo. D’une grande sensibilité, la Berceuse de Chopin déploie sa nostalgique douceur. Méphisto-Valse n° 1 de Liszt et l’Etude-Tableau op. 39 n° 3, malgré leurs difficultés, respectivement très imagée et passionnée reçoivent un bel accueil.

Scintillante et d’une grande clarté, l’Etude n° 6 de Ligeti, “Automne à Varsovie”, illumine la prestation de Zach Weiner (ingénieur informatique chez Google en Californie), également quatrième prix. La Sonate n° 3 en si mineur de Chopin, d’une belle tenue aurait sans doute supporté plus d’engagement, d’intériorité et de drame. (26 novembre)

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