Chantons sous la pluie, du Châtelet au Grand Palais

Philippe Thanh 29/11/2017
Production emblématique du mandat de Jean-Luc Choplin à la tête du théâtre du Châtelet, la comédie musicale Singin’ in the Rain est reprise sous la verrière du Grand Palais. Une manière pour le théâtre parisien, fermé pour travaux, de conserver un lien avec son public.

C’est un théâtre éphémère qui a été monté dans la nef du Grand Palais à Paris pour les 47 représentations prévues (jusqu’au 11 janvier), une structure de 2400 places et une scène ainsi qu’un cadre de scène copies conformes de ceux du Châtelet. Les concepteurs de cette reprise ont aussi profité de l’immensité des espaces disponibles dans le Grand Palais, créant autour du “théâtre” une installation permanente recrée l’atmosphère d’un studio de cinéma, et proposant au public différentes animations (les portes ouvrent deux heures avant le spectacle) : cours de claquettes, karaoké, atelier de maquillage, studio photo…

Quant au musical lui-même, il reste fidèle à l’original créé au Châtelet en 2015 (lire ici), mais souffre de l’acoustique du lieu, en dépit d’une sonorisation très présente. On retrouve avec plaisir – malgré une première demi-heure un peu laborieuse – le travail soigné du metteur en scène Robert Carsen, épaulé par Tim Hatley pour les superbes décors, qui réussit, sans le pasticher le mythique film de Stanley Donen et Gene Kelly, à en restituer l’atmosphère.

La distribution est la même que celle d’il y a deux ans, à l’exception du rôle de Kathy Selden, désormais incarnée par Monique Young (déjà remarquée au Châtelet dans 42nd Street, lire ici). Malgré un vibrato parois un peu présent (mais l’alternance de numéros de danse et de claquettes avec les mélodies n’est pas faite pour faciliter une émission régulière du souffle), la chanteuse incarne l’héroïne créée au cinéma par Debbie Reynolds avec un charme certain. Dan Burton retrouve le rôle de Don Lockwood et convainc toujours avec son baryton si timbré, Emma Kate Nelson est toujours aussi convaincante en insupportable Lina Lamont. Seul Daniel Crossley a paru bien en retrait de sa prestation d’il y a deux ans, voix fatiguée et souvent forcée.

Mais les numéros d’ensemble constituent toujours un éblouissement, avec les chorégraphies si bien réglées de Stephen Mear et les costumes d’Anthony Powell. Dans la fosse, l’orchestre Pasdeloup a succédé aux musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris. Malgré quelques petits décalages que les représentations suivantes permettront de gommer, le chef Gareth Valentine imprime un rythme soutenu à au spectacle. Il va falloir que tous, solistes, choristes, danseurs et musiciens gardent la forme : ils seront sur scène quasiment tous les jours. The show must go on ! (28 novembre)

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