La formation musicale par ceux qui la pratiquent

06/12/2017
L’article de Pierre Mendel Regards sur la formation musicale (LM 500) a suscité la réaction du directeur du conservatoire de Chelles, Olivier Gamet, qui nous fait part de ses réflexions auxquelles il a associé deux enseignants de FM de son établissement.
Tout d’abord, bravo pour l’article, certains points sont vraiment très judicieux.
Dans le chapeau, lorsque Pierre Mendel écrit que « les professeurs d’instrument eux-mêmes n’ont qu’une idée approximative du contenu… », il me semble aussi que les professeurs de FM eux-mêmes peuvent n’avoir qu’une idée approximative du programme ! Ils peuvent être noyés sous le flot du programme demandé, et submergés de demandes de la part des enseignants.
« La manière d’enseigner la formation musicale évolue depuis de nombreuses années… » L’évolution n’est pas si flagrante que ça, j’ai commencé en 1977 et il me semble que je faisais la même chose que ce que l’on demande maintenant… L’évolution vient surtout de nouvelles méthodes appliquées, notamment du cours global mêlant professeurs d’instrument et de FM. Bref, faible évolution, il me semble, concernant le programme, peut-être un peu plus nette sur la manière de faire, et encore…
« Le département FM s’en chargera, le professeur d’instrument étant dédouané de toute contribution dans ce domaine… » Il me semble qu’il y a deux cas de figure, ceux qui s’en dédouanent – mais qui font quand même –, ceux qui ne font pas attention au programme de FM, au risque que leurs élèves puissent être en difficulté : exemple, 6/8 sur un morceau en fin de 1re année…

Le regard des parents

Point noir pour nous : un affichage du programme pour les enseignants et les parents est compliqué à comprendre pour des parents non musiciens et pourrait être contre-productif : les parents vont se mêler du contenu et dire qu’ils ne sont pas intéressés, car cela n’est pas un « besoin pour leur enfant » (comment comprendre pour un altiste que l’enseignement de la clé d’ut 3 n’est pas vue en 1re année, que dire des chiffrages des accords pour le piano jazz et des basses chiffrées non abordées en 2e année de clavecin ?)
Concernant la réunion d’information avec les familles, j’ai pu le tester, ça ne marche pas : seules les familles déjà impliquées au conservatoire viennent, et elles n’ont pas besoin de cette information. C’est comme aux concerts : ce sont toujours les mêmes qui viennent !

Le regard des professeurs de FM

Si les professeurs d’instrument devaient mettre leur nez dans le programme de FM, on aurait de drôles de surprises ! Leurs demandes seraient bien trop élevées, et pas du tout dans la réalité du terrain que vivent les enseignants de FM au quotidien. En plus, on ne fera que “charger la mule” sur les spécificités demandées pour chaque instrument, d’autres refuseront certains points abordés dans le programme…

Bref, on demande beaucoup à une discipline qui représente entre 32 heures et 48 heures de cours dans l’année scolaire. Les enseignants sont coincés entre “tenir un programme” et “faire découvrir, faire ressentir, faire des percus corporelles…”, ils ne sont pas tous spécialistes de la discipline FM, font des compléments d’heures, et les plus diplômés dans cette discipline ne sont pas forcément ceux qui testent de nouvelles choses…

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