Le London Symphony Orchestra rend hommage aux films de Spielberg

Laurent Vilarem 12/12/2017
Interprète des légendaires bandes originales de films comme Star Wars ou Harry Potter, le London Symphony Orchestra offrait à la Philharmonie un hommage aux films produits par Steven Spielberg. Plus que la musique du compagnon de route du cinéaste, John Williams, c’est celle de Jerry Goldsmith qui éblouit durant ce fastueux ciné-concert.

Dès les grondements des cordes du thème des Dents de la mer, le pari est gagné. Fidèle à sa légende, le London Symphony Orchestra nous invite dans la cabine d’un studio d’enregistrement, à mesure que les images des films de Spielberg défilent sur un écran géant placé au-dessus de la scène. Avec humilité, l’orchestre britannique met toute sa splendeur sonore au service d’un somptueux divertissement familial, où les images prennent souvent le pas sur la musique. On reste ébloui par les montages, semblables à des bandes annonces, de films comme Retour vers le futur (musique d’Alan Silvestri) ou Jurassic Park (musique de John Williams). La Philharmonie se transforme, l’espace d’un concert, en un cinéma à l’ancienne, avec des scènes de poursuite sans effets numériques. Le résultat est aussi rafraîchissant que délicieusement mélancolique.

La direction de Frank Strobel est certes un peu lourde et prosaïque, et ne peut masquer la faiblesse de certaines partitions (Le Pont des espions de Thomas Newman, Super 8 de Michael Giacchino ou Le Bon Gros Géant de John Williams), mais le concert démontre avec brio le talent d’orchestrateur des compositeurs hollywoodiens. A cet égard, John Williams s’avère un remarquable pasticheur de Prokofiev, Stravinsky et Chostakovitch. Son génie mélodique et son orchestration scintillante éclatent dans Indiana Jones et le célébrissime E.T.

Mais c’est bien la musique de Jerry Goldsmith qui impressionne le plus. Peu connu, le compositeur de la musique de La Planète des singes et de Chinatown est longtemps resté dans l’ombre de John Williams, faute sans doute d’une collaboration de longue durée avec un cinéaste de génie. Dans Poltergeist, la science orchestrale moderniste de Goldsmith est digne d’un grand compositeur de la deuxième moitié du 20e siècle, rehaussée par un art de la mélodie faussement naïve. Dans la suite de Gremlins, on retrouve cette instrumentation extravagante et son talent subversif, avec une batterie qui transforme le London Symphony Orchestra en big band. (10 décembre)

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