Quand les musiciens se mettent au coworking

Suzanne Gervais 10/01/2018
La France compte aujourd’hui près de 400 espaces de travail coopératif, dont l’essor est récent. Un concept qui séduit de plus en plus de musiciens, souvent en manque d’espaces de répétitions.
Né dans le milieu des start-up à San Francisco en 2005, le coworking ou travail coopératif couvre maintenant les cinq continents avec près de 2000 espaces dans le monde. En France, le concept a la cote : il n’y avait qu’un espace de coworking à Paris en 2008. Ils sont aujourd’hui plus de 400 sur toute la France, selon le site de recensement bureauxapartager.com et sa carte du coworking qui indique en recenser entre 5 et 10 nouveaux chaque mois. Nouveau mode de collaboration professionnelle, le coworking est à la fois un espace de travail partagé et un réseau de travailleurs. Il permet à des free-lances et startuppers de s’épargner une installation coûteuse et commence à séduire les musiciens citadins, pour qui l’espace est un enjeu crucial.

Le manque de place

Fondateur du chœur Les Métaboles et de l’ensemble Multilatérale, le chef Léo Warynski affirme que « la place est le problème numéro un des musiciens parisiens. Lorsqu’on lance son ensemble dans la capitale, c’est le système D qui prévaut pour trouver des locaux où répéter ». Faute de moyens pour louer une salle de répétition, un ensemble émergent doit ruser : pendant trois ans, les choristes des Métaboles ont pu travailler une fois par semaine dans l’auditorium de l’hôpital Vaugirard, en échange de quoi ils se produisaient auprès des patients. « Cela n’a été possible que parce qu’un ami travaillait à l’hôpital… », précise Léo Warynski. Le manque de place, bête noire des musiciens parisiens, touche aussi les conservatoires où salles de répétitions sont prises d’assaut. Fanny Meteier, 19 ans, est en classe de tuba au Conservatoire de Paris : « Il faut réserver un studio au moins deux heures à l’avance si on veut avoir la chance de pouvoir y répéter. Sinon, on fait la queue pendant des heures… Et encore, le studio est à nous pour une heure et demie, après, il faut partir. Avant un cours ou une audition, certains chauffent dans les toilettes ! »

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