Quel avenir pour le festival Musica ?

Antoine Pecqueur 11/01/2018

A la fin du mois doit se réunir le jury pour désigner le nouveau directeur du festival strasbourgeois, le plus important en Europe dédié à la musique contemporaine.

Une page se tourne dans l’histoire du festival Musica. Son directeur Jean-Dominique Marco, en poste depuis 1990, va quitter le festival cette année et c’est ce mois-ci que va se réunir le jury pour sélectionner le prochain directeur de cette manifestation, qui, avec un budget de 2 millions d’euros, est le plus important festival européen dédié à la musique contemporaine. Il est donc peu de dire que l’enjeu de cette nomination est crucial.

Le modèle économique même du festival va se retrouver au cœur des débats. Car aujourd’hui, 84% des 2 millions d’euros viennent de l’Etat et des collectivités territoriales. Les recettes propres s’élèvent elles à 16% - en moyenne, chaque année, le festival attire entre 15 000 et 17 000 spectateurs. Le développement des ressources privées, et donc du mécénat, semble plus que jamais prioritaire.

Mais le projet même du festival pourrait être lui aussi repensé. Les collectivités territoriales seraient-elles tentées de l’ouvrir à la musique classique de manière plus globale ? D’autant que le Festival de Strasbourg a disparu lui en 2014… Le modèle pourrait alors être celui du Festival de Lucerne, généraliste mais avec une forte couleur de musique contemporaine, grâce à son académie. Le milieu de la musique contemporaine risque toutefois de se mobiliser face à un tel scénario. Autre solution : incarner le festival en nommant à sa tête un compositeur. Un geste symbolique fort mais qui créerait inévitablement des tensions entre les courants esthétiques. Pour des raisons économiques, la piste de créer une biennale, comme à Venise, pourrait être aussi étudiée. Une chose est sûre : l’ancrage local du festival sera un enjeu majeur, en particulier dans le cadre de la nouvelle région Grand Est.

Outre les représentants du ministère de la Culture et des collectivités territoriales, l’homme-clé dans le processus de recrutement du nouveau directeur de Musica se nomme Laurent Bayle. L’actuel patron de la Philharmonie de Paris est en effet le président du Conseil d’administration de Musica.

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