Jérôme Selmer : "Pourquoi j’ai décidé de vendre l’entreprise familiale"

Suzanne Gervais 11/01/2018

Fondé en 1885, l’entreprise Selmer, l’un des leader de la facture d’instruments à vent, était gérée depuis sa création par les membres de la famille. Changement de cap en 2018 : le groupe Henri-Selmer Paris est entré en négociation avec le fonds Argos Soditic, qui devient l’actionnaire majoritaire. Le point avec Jérôme Selmer, directeur général.

 

Pourquoi avoir décidé de vendre ?
Nous avons réalisé de nombreux investissements ces dernières années, que ce soit au niveau de l’acquisition de nouvelles machines, de l’embauche ou du développement de notre service de communication, mais cela ne suffisait pas pour rester compétitifs. Or, notre groupe est trop petit pour entrer en bourse et nous ne souhaitions pas être repris par un concurrent. La puissance financière du fonds Argos Soditic nous permettra d’investir davantage dans l’équipement de l’usine et de continuer à recruter - notamment dans les postes dédiés à la soudure, au polissage et à la finition - pour honorer nos commandes et augmenter notre capacité de production. Notre carnet de commande est d’environ 10 000 saxophones.

Concrètement, qu’est-ce que la vente va changer ?
La transition sera douce. Ce changement d’actionnaire a été balisé par de nombreuses garanties. Tout d’abord, le respect de l’identité de la maison : nous continuons de produire sur le sol français, dans notre usine de Mantes-la-Ville (Yvelines), et de faire rayonner le made in France. Il n’y aura aucun licenciement : les 500 salariés de Selmer constituent un personnel précieux, à préserver ! Argos Soditic va nous accompagner pour poursuivre notre transformation tout en maintenant notre savoir-faire manufacturier. Nous allons renforcer nos liens avec les musiciens et étant plus présent chez nos distributeurs, en France et à l’étranger. Selmer ira rencontrer les professionnels pour leur faire essayer nos prototypes et nos nouveautés.

Quel est le bilan de 2017 ?
L’entreprise a un chiffre d’affaire de 35 millions d’euros. 87% des ventes sont réalisées à l’export dans plus de 60 pays, sachant que la moitié des ventes export est réalisée en Asie, au Japon et en Chine. Deux pays où la pratique musicale est en plein boom et, par conséquent, très demandeurs d’instruments. Il y a encore un potentiel important aux États-Unis. En Europe, nous comptons développer les ventes de clarinette. Nous guettons les nouveaux marchés, mais pour s’implanter dans un pays, il faut que la musique occidentale y soit enseignée et que les musiciens bénéficient d’un certain pouvoir d’achat.

Pour lire la suite ( %) choisissez votre offre :

Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner
Cet article premium

Acheter cet article
Pack (crédité 12 €)

10 €

Acheter un pack
Mots clés :
Partager:

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous