Les conservatoires dans des lieux réhabilités

Suzanne Gervais 07/02/2018
« Faire du neuf avec du vieux » : l’adage inspire certaines municipalités, qui choisissent de réhabiliter d’anciens bâtiments. Mais qu’implique un tel choix, lorsqu’il s’agit de lieux qui vont être destinés à l’enseignement musical ?
Quand le relogement d’un conservatoire s’impose, la construction ex nihilo d’un équipement neuf et moderne semble être l’option la plus répandue… et la plus simple. C’est celle qui a été récemment choisie à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), où le nouveau conservatoire, avec ses formes arrondies et sa façade blanche percées de larges baies vitrées, a été inauguré en 2016. A Rennes, la livraison du nouveau bâtiment est attendue pour 2020 : lignes épurées, façades vitrées, l’édifice design de 3 000 mètres carrés sera implanté en périphérie. Pourtant, certains conservatoires vont à rebours de cette tendance. Hôtel particulier, château, ancien hospice, friche industrielle : plusieurs agglomérations relogent leur conservatoire dans des bâtiments historiques tombés à l’abandon. Un phénomène en plein essor.

Une solution moins coûteuse ?

A Thouars, dans les Deux-Sèvres, le conservatoire est installé depuis 2015 dans l’hôtel Tyndo, un hôtel particulier de la fin du 15e siècle réhabilité après deux ans de travaux. A la fin des années 2000, les élus de la communauté de communes du Thouarsais envisageaient de regrouper les différentes antennes du Conservatoire à rayonnement intercommunal sur un site commun. Deux hypothèses prévalaient alors : construire un nouvel équipement ou réhabiliter un hôtel particulier ancien, à l’abandon depuis trente ans. « Le choix de la deuxième option n’a pas fait l’unanimité, rappelle l’architecte Rémy Desalbres, de l’agence Arc & Sites, qui a dirigé les opérations. Un équipement neuf était considéré comme plus fonctionnel et moins coûteux… Le sort du conservatoire s’est joué à une voix au conseil communautaire ! » Pour cet architecte du patrimoine, réhabiliter un lieu historique représente pourtant une économie considérable : « Le coût total de la réhabilitation a été de 5,9 millions d’euros. Le coût du mètre carré était de 1 850 euros, alors qu’une construction neuve aurait avoisiné les 2 500 euros… pour un équipement loin d’être d’aussi bonne qualité. »
A Forbach, en Moselle, le déménagement prochain du conservatoire, évoqué dès 2011, est sur toutes les lèvres. Le CRI est installé dans une ancienne caserne de 900 mètres carrés en centre-ville. Un lieu qui peut accueillir 300 élèves. Ils sont aujourd’hui 640. Un sureffectif qui imposait un relogement, d’autant que les enseignements sont dispersés : la danse et la percussion sont installées dans des bâtiments séparés. Plutôt que de faire construire un nouvel édifice, l’agglomération a racheté le site de l’ancien hôpital Sainte-Barbe, implanté dans un parc de 6 hectares, pour y installer son conservatoire.

 

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