Les orchestres parisiens dans la tourmente

Antoine Pecqueur 27/02/2018
Daniel Harding vient d’annoncer qu’il quittait la direction de l’Orchestre de Paris, tandis que les orchestres de Radio France se retrouvent sans président à la suite de la révocation de Mathieu Gallet.
L’année 2018 commence mal pour les orchestres de la capitale. Les phalanges doivent faire face au départ, soit de leur directeur musical (Daniel Harding a annoncé qu’il quitterait ses fonctions à la tête de l’Orchestre de Paris en 2019), soit de leur président (Mathieu Gallet a été démis de ses fonctions à la tête de Radio France, qui abrite l’Orchestre national de France et l’Orchestre philharmonique de Radio France – conséquence d’une condamnation à un an de sursis mi-janvier pour favoritisme pendant son mandat à l’INA). Des turbulences aux conséquences artistiques mais aussi économiques et stratégiques.

Les raisons du départ de Daniel Harding

Pour expliquer son départ, Daniel Harding a rédigé une lettre aux musiciens de l’Orchestre de Paris. On peut notamment y lire cette phrase : « Changer votre nature musicale serait un acte de destruction, et je ne le ferai pas ». Daniel Harding et l’Orchestre de Paris, deux cultures trop distinctes pour arriver à travailler ensemble ? D’un côté, la rigueur intellectuelle du chef anglais et, de l’autre, le tempérament latin de la phalange parisienne ? Sans doute Daniel Harding a-t-il essayé d’obtenir un autre type de sonorités, notamment dans les cordes, sans y parvenir totalement. Il y a aussi la question du répertoire : Daniel Harding manifestait relativement peu d’intérêt pour la musique française, hormis quelques pièces de Berlioz et Debussy. Or cette musique correspond à l’ADN même de l’orchestre. Le tandem avec Thomas Hengelbrock, chef associé de l’Orchestre de Paris, n’a pas non plus particulièrement bien fonctionné. Le chef allemand, connu pour ses interprétations historiquement informées, devait au départ diriger principalement le répertoire classique et les œuvres du début du 19e siècle, mais il souhaitait en fait interpréter essentiellement le grand répertoire romantique et moderne, le même que celui défendu par… Daniel Harding. Un conflit d’intérêts ?

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