Le musicien et la partition

Pascal Le Corre 28/02/2018
Le pianiste et pédagogue Pascal Le Corre se penche sur la place qu’occupe la partition dans la vie du musicien : un objet de désir, de convoitise et, parfois, de haine.
La partition est le support par excellence des musiciens classiques ; elle est le livre des musiques savantes, mais aussi celui des musiques populaires, actuelles et même improvisées. Depuis le Moyen Age, elle s’est petit à petit imposée comme le support où est noté le langage musical grâce à son écriture : le solfège. Ainsi, dès ses premiers pas en musique – et parfois même avant de toucher un instrument –, le futur musicien apprend le solfège pour pouvoir lire et écrire les partitions. Très vite, un lien puissant se tisse entre musicien et partition : grâce à elle, il peut déchiffrer, puis jouer les œuvres qu’il aime, en respectant à la lettre les notations qu’elles contiennent, en les apprenant par cœur, parfois en les modifiant, voire en créer de nouvelles. Considérons, dans les lignes qui vont suivre, la relation très particulière que le musicien entretient quotidiennement avec ses partitions.

Une partition n’est pas la musique

La partition, en opposition avec les musiques improvisées ou orales, est le support qu’utilise la musique savante occidentale pour noter l’écriture musicale afin de pouvoir la transmettre et la diffuser. Ce système de notation s’est considérablement développé au cours des siècles pour tenter de fixer une musique toujours plus savante et répondre, dès la fin du 18e siècle, à une situation musicale inédite : la scission progressive entre musiciens-compositeurs et musiciens-interprètes. La notation musicale possède ainsi à la fois l’atout considérable de transmettre la création d’un auteur, laquelle pourra être jouée fidèlement par un autre musicien, et l’inconvénient de fixer l’œuvre musicale, lui interdisant d’évoluer sous peine de trahir la pensée de son créateur. Comme toutes les notations, la notation musicale ne reflète que très imparfaitement la musique jouée par les musiciens. On pourrait ainsi adapter au solfège le célèbre aphorisme du fondateur de la sémantique générale, Alfred Korzybski, « Une carte n’est pas le territoire » et dire : « Une partition n’est pas la musique » ! La musique, quant à elle, appartient à l’humain et se manifeste quand le musicien interprète et traduit en sons les annotations musicales qu’il lit sur la partition.

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