Quatre frontières, quatre conservatoires

Suzanne Gervais 21/03/2018

A Lille, le pôle supérieur profite de la proximité de la Belgique et des Pays-Bas. L’Ecole supérieure musique et danse (ESMD) invite chaque année 18 professeurs des conservatoires de Bruxelles, Mons, Liège, Maastricht, Namur et Gand à donner des classes de maître et à participer aux jurys des concours d’entrée et aux récitals de fin de cursus. Comme à Strasbourg, les établissements des pays frontaliers attirent les étudiants français. Le pôle supérieur lillois ne proposant pas de master d’interprète, nombreux sont les diplômés à poursuivre leurs études au Benelux. Tourné vers le nord de l’Europe, l’ESMD caresse également le projet d’un master commun avec l’un des établissements supérieurs wallons, comme le conservatoire royal de Mons. Affaire à suivre.

Le CRD d’Oyonnax, dans l’Ain, lorgne vers la Suisse : des “chorales lémaniques” sont constituées chaque année dans les écoles primaires du département et des cantons de Vaud, du Valais et de Genève. A Oyonnax, les répétitions sont assurées par les dumistes du conservatoire. En 2019, les professeurs de cordes intégreront l’ensemble genevois Microcosme pour une série de concerts.

A la frontière espagnole, le CRR de la Côte Basque travaille avec ses homologues ibériques. Les élèves français partagent régulièrement l’affiche avec les étudiants du conservatoire de San Sebastian. Le département de danse bénéficie, quant à lui, d’un échange biennal avec le conservatoire de Burgos. Cette année, c’est au tour des danseurs espagnols de venir en France, pour une semaine d’ateliers chorégraphiques en avril. Le CRR profite aussi du jumelage de Bayonne avec Pampelune, dans le pays basque espagnol : une rencontre consacrée aux musiques actuelles est prévue pour 2019. Dans les salles de classe, on parle français, espagnol et basque. Les élèves inscrits sur le site d’Hendaye ont souvent la double nationalité et à l’orchestre d’harmonie, on joue des paso doble, marches traditionnelles madrilènes !

Si l’on parle italien dans les rues de Nice, c’est aussi le cas dans les couloirs du CRR. Membre de l’association européenne des conservatoires, l’établissement niçois travail en réseau avec tous les conservatoires supérieurs italiens. Plusieurs élèves vivent de l’autre côté de la frontière, à San Remo, Vintimille, en Ligurie… Certains professeurs sont italiens, comme Flavio Losco, qui enseigne le violon baroque, et le trompettiste Marco Vezzozo, coordinateur du département jazz. L’un des objectifs de l’établissement est de développer les relations avec l’Italie. Le CRC de Menton accueille, lui aussi, des élèves italiens. Le directeur, Paul-­Emmanuel Thomas, est par ailleurs premier chef invité de l’Orchestre philharmonique du Piémont.

Vous participez ou êtes à l’initiative de projets pédagogiques transfrontaliers ? Témoignez sur le site www.lalettredumusicien.fr

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