Exclusif : en route vers la fusion entre la Philharmonie et l’Orchestre de Paris

Antoine Pecqueur 24/04/2018

L’Etat et la ville de Paris lancent le rapprochement entre les deux institutions.

Vendredi va se dérouler un conseil d’administration explosif de l’Orchestre de Paris. Selon des sources proches du dossier, les pouvoirs publics, c’est-à-dire l’Etat et la ville de Paris, devraient y annoncer leur projet de réunir la Philharmonie et l’Orchestre de Paris. Une lettre de mission devrait être confiée à cette occasion à Laurent Bayle, le patron de la Philharmonie de Paris, pour préfigurer la mutualisation des deux structures.
Il est peu de dire que cette annonce va susciter un grand nombre de débats. Ces deux structures sont aujourd’hui distinctes : la Philharmonie est un établissement public national, l’Orchestre de Paris est une association loi 1901. Et elles se sont longtemps regardées en chien de faïence, même si elles cohabitent sous le même toit (l’Orchestre de Paris est orchestre en résidence de la Philharmonie de Paris). Leurs directeurs respectifs, Laurent Bayle pour la Philharmonie et Bruno Hamard pour l’Orchestre de Paris, n’ont jamais réussi à s’entendre.
Pourquoi lancer cette fusion maintenant ? La ville de Paris défendait depuis de nombreuses années ce projet, mais l’Etat a longtemps été réticent. Jusqu’à la fuite en novembre dernier du document destiné à réformer le Ministère de la culture, dans le cadre du projet gouvernemental Action Publique 2022. Parmi les propositions-chocs de ce document figurait « l’intégration de l’Orchestre de Paris à la Cité de la musique-Philharmonie de Paris ». La ville et l’Etat sont donc désormais au diapason.
A cela vient s’ajouter l’annonce en janvier du départ de Daniel Harding, directeur musical de l’Orchestre de Paris, qui n’a fait qu’accélérer le processus. Pour les politiques, une nouvelle ère peut donc commencer pour la phalange. Mais quel va être le modèle de la fusion ? Selon un proche du dossier, le but n’est pas de « reléguer l’Orchestre de Paris au fond de la programmation de la Philharmonie, mais il ne faut pas non plus que l’Orchestre soit le seul maître à bord comme à la Philharmonie de Berlin. Il faut trouver un modèle hybride, une troisième voie ». C’est là le nouveau chantier de Laurent Bayle, qui aura donc la lourde charge pour son dernier mandat à la tête de la Philharmonie d’organiser ce rapprochement. Le document de Cap 22 pointait un « risque social très élevé ». Que vont devenir les équipes administratives de l’Orchestre qui pourraient se retrouver en doublon de celle de la Philharmonie ? Et que va faire Bruno Hamard, actuel directeur général de l’Orchestre de Paris ? Sans oublier que Laurent Bayle devrait aussi avoir la responsabilité de nommer le nouveau directeur musical de l’Orchestre pour succéder à Daniel Harding, à la fin 2019. Le calendrier s’annonce serré.

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