Eva Zaïcik : «J’espère ne plus avoir à repasser de concours!»

Suzanne Gervais 13/06/2018
Année faste pour la mezzo-soprano de 30 ans : une Victoire de la musique, un troisième prix au concours Voix nouvelles et une deuxième place sur le podium du concours Reine-Elisabeth de Belgique. Pourtant, la compétition, très peu pour Eva Zaïcik !
Les prix sont-ils décisifs quand on débute ?
C’est l’un des moyens les plus efficaces pour se faire remarquer. Je n’ai participé qu’à deux concours… et j’ai eu ma dose. Comme disait Bartok « Les concours, c’est pour les chevaux, pas pour les artistes ! » C’est très éprouvant : un concours exige une longue préparation, pendant laquelle on doit refuser du travail. Parfois, des occasions nous passent sous le nez. Et je préfère chanter pour émouvoir un public que d’être épiée par quinze personnes qui me jugent. J’ai failli tomber dans les pommes trois fois pendant mon récital de demi-finale du concours Reine-Elisabeth : j’avais des sueurs froides et j’ai ressenti un trac incommensurable. Pour les Victoires de la musique, j’ai eu recours à une coach qui me faisait faire des exercices à mi-chemin entre l’hypnose et la sophrologie. Pour le Reine-Elisabeth, je pratiquais le yoga tous les jours. Pourtant, quand je suis sur scène, je n’ai jamais le trac.
Quels sont les répertoires que vous préférez défendre ?
Le cycle concertiste “diplôme d’artiste interprète” du CNSMD de Paris – qui prolonge le master –, me permet de travailler le programme de cantates baroques françaises - Lefebvre, Clérambault, Montéclair… - que j’enregistrerai chez Alpha avec le Taylor Consort et que je mettrai aussi en scène. J’ai débuté mon apprentissage du chant avec la musique ancienne. J’adore ce répertoire, mais je ne m’étiquette pas chanteuse baroque ; en mai 2019, par exemple, je chanterai Carmen ! Je sais que je suis très jeune pour ce rôle, mais ce sera la version de Peter Brook, La Tragédie de Carmen, qui dure une heure.
Avoir un agent, est-ce indispensable quand on commence une carrière ?
Je le constate tous les jours : l’opéra fonctionne essentiellement avec les agents. Sans eux, pas de rôle, à moins de connaître personnellement les personnes qui décident du casting. On peut aussi se faire connaître grâce aux réseaux sociaux. Cela ne remplace pas un bon agent, mais c’est complémentaire. J’ai une page professionnelle sur Facebook, sur Twitter et sur Instagram ; j’avoue que je ne suis pas encore une bonne élève : je devrais être plus assidue… J’adore suivre les artistes que j’admire sur les réseaux sociaux, comme Julie Fuchs, qui est très connectée. C’est génial, elle fait vivre notre métier ! Seul bémol : c’est extrêmement chronophage.

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