Les ensembles : quel avenir après le départ de leur fondateur?

Pauline Masset 27/06/2018
Décès de Jean-Claude Malgoire, arrêt de la Chambre philharmonique, remplacement du directeur musical d’Ars Nova, recrutement à l’ensemble 2e2m… le paysage des ensembles spécialisés est en pleine mutation. Avec en filigrane le même questionnement : ces projets sont-ils pérennes ou éphémères ?

Aventurier. C’est le mot qui convient pour décrire l’état d’esprit de Jean-Claude Malgoire lorsqu’il crée il y a cinquante-deux ans son propre ensemble. Après Ars Nova fondé en 1963 par Marius Constant, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy est l’une des plus anciennes formations encore en activité. Le collectif 2e2m – auquel Jean-Claude Malgoire participait également à ses débuts – a suivi de près. Or, ces trois formations pionnières de l’indépendance vivent un moment charnière en 2018. Tandis que l’un des chefs les plus généreux de notre récente histoire musicale nous a quitté brutalement le 14  avril, Pierre Roullier, directeur de l’ensemble 2e2m, annonce en juin son retrait de l’ensemble 2E2M qui fait paraître une offre pour son remplacement en tant que directeur artistique. Depuis janvier, Ars Nova écrit officiellement une nouvelle page de son histoire avec le jeune Jean-Michaël Lavoie, successeur de Philippe Nahon. Une transition préparée depuis trois ans avec précaution et inquiétude. A l’opposé de cette décision, Michel Laplénie et son ensemble Sagittarius ont tiré une élégante révérence en 2016 après trente ans d’existence. Le changement de génération est bel et bien d’actualité. Après soixante ans de démultiplication d’ensembles de tout format et de tout genre, la question se pose avec urgence : ces formations sont-elles pérennes ou éphémères ? Doivent-elles cesser avec leur directeur artistique et laisser la place aux jeunes ensembles ?

Raisons économiques

Rappelons que de nombreux ensembles disparaissent régulièrement, parfois dans l’indifférence. A Sei Voci a brutalement perdu son directeur musical Bernard Fabre-Garrus en 2006 et n’a pas poursuivi ses concerts ensuite. Une mauvaise gestion ou une crise financière a tôt fait de réduire un ensemble au silence, comme ce fut le cas de la Compagnie Opéra-Théâtre ­d’André Fornier, ou encore de Carpe diem de Jean-Pierre Arnaud.

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