Responsable de parc instrumental : quelles missions?

Présentation d’un métier trop peu connu dans les établissements, avec Julien Dubois, du Conservatoire de Paris.
La profession de responsable du parc est loin d’être de tout repos, en particulier au Conservatoire de Paris. « Nous devons maintenir un état de fonctionnement qui soit du meilleur niveau possible et qui corresponde aux attentes des élèves », souligne Julien Dubois. S’il doit coordonner l’entretien des instruments, le responsable doit également en acquérir de nouveaux. Le parc est sans cesse amené à s’agrandir. Il suit les évolutions de la lutherie et cherche à combler les manques.
« Nous possédons beaucoup de pianos d’esthétique française et peu d’instruments d’esthétique allemande fin 19e-début 20e siècle. Je cherche des instruments adaptés aux différents répertoires, ce qui n’est pas facile car il faut trouver la bonne balance entre l’accessibilité et la conservation. Si un piano est beau mais trop fragile, nous ne l’achèterons pas. » L’entrée de nouveautés dans le parc est aussi liée à l’usure – naturelle ou non – des instruments : « Nous en accueillons tous les ans. Tout dépend de l’état du parc. Nous ne pouvons pas toujours anticiper. Certains pianos vont résister vingt ans, d’autres seulement trois ans. Plusieurs facteurs jouent comme la température ou le temps d’utilisation. » Entretenir, acquérir, mais aussi instruire. Des ateliers pédagogiques animés par des professionnels sont proposés aux étudiants du Conservatoire. Le but ? Leur fournir des informations historiques et techniques sur leurs instruments. Le premier objectif des ateliers est d’apprendre à communiquer avec un technicien quand on est en studio ou qu’on donne un concert à l’extérieur. Très important également : faire prendre conscience aux musiciens de la fragilité de leur instrument. « Cette année, nous avons organisé un atelier avec les pianistes modernes pour les sensibiliser au pianoforte, mais aussi aux réglages des pianos modernes. Parfois ils ignorent que tel ou tel réglage nécessite six heures de travail. Si on joue très fort pendant deux heures, on peut abîmer l’instrument et il faut alors tout recommencer. De même, un chanteur ne va pas répéter à fond juste avant un concert, pour préserver sa voix. » L’année prochaine, au moins deux ateliers sont prévus, sur le violon et les ondes Martenot.
Abonnement à La Lettre du Musicien

abonnement digital ou mixte, accédez à tous les contenus abonnés en illimité

s'abonner

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à commenter cet article

Pour commenter vous devez être identifié. Si vous êtes abonné ou déjà inscrit, identifiez-vous, sinon Inscrivez-vous