Vienne entre archaïsme et modernité

Christian Merlin 06/09/2018
Au moment où l’Autriche prend la présidence de l’Union européenne, Christian Merlin nous décrit le fonctionnement atypique des orchestres et opéras de Vienne.
Au lendemain d’un concert triomphal du Philharmonique de Vienne dans un Musikverein plein à craquer, nous prenions un café (pardon, un chocolat) en terrasse avec Dominique Meyer, directeur de l’Opéra de Vienne. Nous étions en face de l’Albertina, musée où avait lieu au même moment une grande exposition Picasso. Notre interlocuteur attira notre attention : « Regardez de l’autre côté de la rue. » « Je ne vois rien. » « Précisément : il n’y a personne. En France, il y aurait la queue jusque dans la rue pour visiter l’exposition. En revanche, le concert auquel vous avez assisté hier, ils auraient pu le donner dix fois de suite en refusant encore du monde. » Tout est résumé : dans une ville où un chauffeur de taxi peut vous dire ce que l’on joue à l’Opéra ce soir, la devise pourrait être “tout pour la musique”.

Les Philharmoniker, un orchestre autogéré de droit privé

Les deux sources de fierté des Viennois, c’est leur orchestre philharmonique et leur opéra. Les deux sont d’ailleurs inséparables, puisque les Wiener Philharmoniker ne sont autres que l’orchestre de l’Opéra, qui se constitue en association pour donner des concerts symphoniques. Cas unique d’un orchestre à double visage et double statut : orchestre salarié par l’Etat autrichien sous l’appellation Orchester der Wiener Staatsoper, avec pour obligation de jouer dans la fosse les 300 fois où le rideau se lève dans la saison, et orchestre de droit privé, autogéré sous le nom de Wiener Philharmoniker.

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