Orchestre et nationalisme

Alain Pâris 06/09/2018
Smetana, Suk, Sibelius : en un demi-siècle (1875-1926), la quête d’identité est passée d’un nationalisme engagé à une véritable affirmation culturelle.
A l’origine, le poème symphonique n’avait pas vocation à s’impliquer dans les courants nationalistes. Lorsque César Franck et Franz Liszt composent les premiers exemples du genre, ce sont simplement de nouveaux vecteurs d’une expression romantique qui ne trouve pas sa voie dans les formes classiques.

Smetana, le patriote tchèque

Avec Smetana, le poème symphonique prend une nouvelle dimension : c’est le cadre idéal pour affirmer une identité nationale. Mieux que l’opéra, qui peut être soumis à la censure, il laisse à chacun le soin d’imaginer le message inscrit entre les portées. Le titre du cycle Ma Patrie – dont la fameuse “Moldau” – parle de lui-même. Le troisième des six poèmes symphoniques de ce cycle, “Sarka”, reprend une légende historique du peuple tchèque, celle d’une jeune femme qui voue une haine féroce aux hommes à cause d’une déception amoureuse. Cette haine parcourt l’ensemble de l’œuvre avant de déboucher sur une danse frénétique d’une violence extrême. La première édition de la partition, postérieure à la mort de Smetana, était criblée d’erreurs, corrigées au fil des éditions ultérieures. Mais aucun Urtext n’existait ni pour “Sarka”, ni pour le quatrième poème symphonique du cycle, “Par les bois et les champs de Bohême”. Lacune comblée chez Bärenreiter, grâce à Hugh Macdonald, qui avait déjà édité “La Moldau”.

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