Sorie Bangura : « Les percussionnistes ne sont pas pris au sérieux »

Suzanne Gervais 06/09/2018
Le percussionniste de 20 ans, étudiant en licence au CNSMD de Lyon, a remporté le premier prix du concours Juozas-Pakalnis, à Vilnius.
Un concours en Lituanie, ce n’est pas banal…
Pour une première fois, je ne voulais pas sauter trop vite dans le grand bain : c’était un peu tôt pour me frotter à des mastodontes comme Tromp-percussion aux Pays-Bas, ou le concours du Luxembourg. Le concours Juozas-Pakalnis est tout jeune, c’était seulement sa ­deuxième édition. Avec les concours, il vaut mieux commencer en douceur… mais ne pas hésiter. C’est le meilleur moyen de rester concentré et motivé pendant les années de conservatoire, où on peut avoir tendance à se disperser : vouloir essayer d’autres instruments, se lancer dans la composition…
Comment la percussion est-elle considérée, aujourd’hui ?
La percussion est une discipline relativement jeune et largement méconnue. La plupart des gens associent la percussion à la batterie, point ! Or, un percussionniste doit savoir jouer une multitude d’instruments : tous les claviers, toutes les percussions d’orchestre comme le triangle, les tambourins, les timbales, mais aussi les peaux comme la caisse claire… Et puis, les percussionnistes ne sont pas toujours pris au sérieux par les autres musiciens : ils ne savent pas trop comment fonctionne notre apprentissage. Beaucoup d’instrumentistes ne comprennent pas que la caisse claire se travaille ! Bien tenir ses baguettes, ça s’apprend, de même qu’un violoniste doit apprendre à tenir son archet.
Quels sont les débouchés pour un étudiant en percussions ?
De plus en plus de percussionnistes se lancent dans la création, au sein d’ensembles spécialisés comme Les Percussions de Strasbourg. Les compositeurs s’intéressent beaucoup à nos instruments, je pense à Philippe Hurel, Philippe Manoury… L’orchestre est bien sûr un débouché important, d’autant qu’il est difficile de se lancer dans une carrière soliste : si le marimba sort du lot avec des artistes médiatisés comme Vassilena Serafimova, les percussions ne sont pas encore assez popularisées.
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