Les langues étrangères au conservatoire

Suzanne Gervais 06/09/2018
« Do you speak English ? » « Sprechen Sie Deutsch ? » « Parla italiano ? » Nombreux sont les musiciens issus des CNSMD à répondre « yes », « ja » ou « si » : la conséquence d’un renforcement des cours de langue étrangère. Le point sur cet enseignement discret, mais indispensable pour délier les langues des interprètes, dont la carrière est de plus en plus internationale.
Les Français, cancres des langues étrangères. C’est devenu un leitmotiv : la France se place régulièrement en queue du peloton européen dans le domaine. Qu’en est-il des musiciens ? Dans les CNSMD, à Paris et à Lyon, les élèves sont tenus de suivre, chaque semaine, des cours de langue étrangère. Au choix : celle de Shakespeare, de Goethe ou de Dante. Un enseignement qui est devenu obligatoire en 2009, avec la mise en place du cursus licence-master-doctorat (LMD), la maîtrise d’au moins une langue étrangère étant requise pour la validation de la licence au niveau européen.

Les chanteurs en première ligne

Double ration pour les chanteurs, qui doivent obligatoirement étudier une deuxième langue étrangère et suivre les cours de diction allemande et italienne. La mezzo-soprano Fiona MacGown, qui a terminé ses études au CNSMD de Paris l’année dernière, se souvient d’un enseignement intensif : « J’avais 2 h 30 d’italien et 2 h 30 d’allemand chaque semaine, et nous étions vivement encouragés à suivre les options de diction lyrique anglaise et russe. » Sophie Ilbert Decaudaveine enseigne la diction anglaise dans l’établissement parisien depuis six ans : « Les cours de prononciation sont indispensables en plus des cours de langue qui apprennent à s’exprimer, car parler une langue ne veut pas dire qu’on la prononce correctement. Et l’anglais est particulièrement traître : tout le monde le parle, mais rares sont ceux qui ont le bon accent. » Avec ses étudiants, Sophie Ilbert Decaudaveine utilise essentiellement la phonétique pour travailler la diction. L’intérêt de ces cours est musical : « Prononcer correctement une langue permet d’accéder à l’interprétation de la musique », estime l’enseignante. Les cours de diction lyrique sont également obligatoires pour les pianistes accompagnateurs et les chefs de chant : « Quand un chef de chant fait répéter un opéra de Mascagni, de Weber ou de Britten, il doit pouvoir aider les chanteurs avec le texte. »

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