En Afghanistan, la musique face à l’extrémisme religieux

Sonia Ghezali 25/09/2018
A Kaboul, frappé par des décennies de guerre, les musiciens font de la transmission de leur passion un combat. Ils défendent les mélodies traditionnelles comme la musique classique.

Sur les trottoirs défoncés du centre de la capitale afghane, les vendeurs de kebabs se succèdent côte à côte, retournant les brochettes de viande grillée, enveloppés de la fumée du barbecue, sous des haut-parleurs qui diffusent à plein volume des musiques persanes entraînantes et joyeuses. A chaque échoppe sa playlist, sans souci de s’accorder, créant un brouhaha qui se mêle au bruit des klaxons des voitures qui circulent sur les artères souvent congestionnées de Kaboul. Il y a dix-sept ans, la musique bannie par les talibans au pouvoir n’était écoutée qu’en cachette. « On avait une petite radio qu’on allumait le soir et qu’on écoutait tout bas, explique Souhail. Un soir, les talibans sont venus frapper à la porte de notre voisin, qui jouait de la guitare et l’ont battu », raconte le jeune homme, dont la famille n’a jamais quitté l’Afghanistan, y compris au temps du régime taliban entre 1996 et 2001.

Aux racines de la musique afghane

Au sud de la rivière Kaboul s’étend le quartier Pul-e-Mahmoud Khan et ses allées en terre, partiellement bitumées. Derrière un large portail en fer, les locaux de Radio Kaboul sont en pleine restauration. La cage d’escalier sent la peinture fraîche. Des ouvriers s’activent dans les bureaux. « Cette radio a été créée en 1928 par des aristocrates qui maîtrisaient parfaitement le ­pachto et le dari [persan], les deux langues principales parlées en Afghanistan », raconte Vaheed Kaceemy.

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