Cyprien N’Tsaï : «Il faut savoir se vendre»

Suzanne Gervais 09/10/2018
Le guitariste de 22 ans a remporté le premier prix du concours de Vienne, en Autriche.
Comment envisagez-vous votre carrière ?
Je n’ai pas envie de choisir entre une vie d’enseignant et une vie de soliste : je compte bien vivre les deux. Je prépare d’ailleurs mon DE au Pôle Sup’93. La difficulté, c’est qu’une carrière d’interprète est moins balisée que celle d’enseignant ou même de musicien d’orchestre : avec un instrument comme la guitare, on est vraiment lâché tout seul dans la nature. Il faut donc savoir se vendre. Je connais beaucoup de guitaristes qui ont un niveau sublime, mais qui rechignent à réaliser ce travail de démarchage : rencontrer des gens au concert, présenter ses programmes… J’y mets beaucoup d’énergie et je n’hésite pas à démarcher les résidences étudiantes ou les maisons de retraite.
Renommée, argent, engagements… qu’est-ce qui est le plus important dans un concours ?
Avec un premier prix, on est certain d’avoir des dates dans l’année qui suit. En guitare, seul le premier prix des concours est vraiment reconnu. Prenez l’un de nos plus grands concours : le Guitar Foundation of America. Premier prix : 60 000 dollars, deuxième prix, 5 000 ! Mais un prix, c’est une carte de visite, pas une fin en soi, surtout dans le cas des instruments où les carrières de solistes sont moins évidentes qu’en piano ou en violon. Là encore, il faut foncer et démarcher les programmateurs dans la foulée. C’est toute une stratégie et il ne faut pas louper le coche.
Trouvez-vous l’exercice difficile ?
Le défi, c’est la constance, réussir à jouer correctement à chaque tour. Je fais un gros travail de préparation mentale : je veux avant tout montrer qui je suis, une erreur n’est pas gravissime. Et puis les concours permettent de médiatiser un peu la guitare, dont le répertoire classique n’est pas très connu. Il y a peu de grands compositeurs pour la guitare. Il y a tellement de contraintes dans le jeu que, pour écrire pour cet instrument, il faut vraiment être guitariste. Heureusement, les transcriptions sont là. Regardez le travail mené par Sébastien Llinares avec son émission “Guitares, guitares” sur France Musique. A la guitare, beaucoup de pièces de Satie ou Debussy sonnent mieux qu’au piano !

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