Marc Minkowski : «Personne ne me fera partir»

Suzanne Gervais 30/10/2018
Le directeur général de l’Opéra s’est exprimé en exclusivité pour notre site sur la polémique qui secoue l’institution girondine.
Je ne souhaitais pas m’exprimer publiquement, mais cette affaire prend des proportions telles que j’ai décidé de parler. Tout cela est un gigantesque n’importe quoi : il n’y a aucun problème au sein de l’Opéra de Bordeaux, si ce n’est une utilisation politique de ma personne pour perturber ce qui se passe dans la ville de Bordeaux. J’en ai eu la confirmation hier en rencontrant M. Philippe Poutou [porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste, NDLR], qui m’a dit, sans détour : « Je vous serre la main, malgré cette action que nous menons contre vous. » C’est limpide. Sans compter que les élections syndicales auront lieu dans peu de temps au sein de l’Opéra. Je le répète : tout cela est purement politique et vain. A travers tout cela, on vise probablement Alain Juppé. On semble oublier que je suis moi-même issu d’une famille de gauche.
Voilà deux ans et demi que je suis directeur général de l’Opéra de Bordeaux. Tout le monde se disait que je n’y arriverais jamais. Pourtant, je suis toujours là et nous avons battu notre record d’abonnés le mois dernier. Cet orchestre et moi sommes en phase d’apprivoisement. Nous sommes allés jouer Mârouf, savetier du Caire d’Henri Rabaud à l’Opéra-Comique de Paris en avril, et les musiciens ont reçu un triomphe. Triomphe dû à leurs qualités, incontestablement, mais peut-être aussi à ma volonté de les emmener à Paris. Je concède qu’il est malheureux que le premier opéra de la saison soit joué par un orchestre invité, mais c’est parfaitement occasionnel. Nous étions convenus d’une réunion pour parler de tout cela en profondeur, il y a dix jours, avec la commission qui représente l’orchestre, réunion qui a été annulée par la commission. Comme pour une fracture, il faudra du temps pour que les os se ressoudent… Et il faudra éliminer les corps étrangers, autrement dit les actions syndicales extérieures à la maison. L’Opéra de Bordeaux est une maison magnifique et on ne va certainement pas se priver d’une belle coproduction qui étoffe notre saison pour ménager quelques susceptibilités. Les personnes qui cherchent à me déstabiliser et à me faire partir par tous les moyens n’y arriveront pas. C’est dommage qu’un orchestre fort sympathique soit manipulé de manière aussi mensongère.

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