Music China 2018 : l’appétit pour le marché asiatique

Marc Rouvé 31/10/2018
Le salon professionnel de Shanghai poursuit son essor. Les grands groupes profitent de cet événement pour dévoiler leurs stratégies.
La croissance du plus grand salon professionnel asiatique s’arrêtera-t-elle un jour ? On est en droit de se le demander lorsqu’on consulte les chiffres fournis par les organisateurs (Messe Frankfurt et Intex) pour Music China 2018 : 2 252 exposants venus de plus de 30 pays, se répartissant dans12 halls et sur près de 140 000 mètres carrés. Certes, la croissance est désormais plus mesurée (8 % cette année), le salon ayant atteint une forme de vitesse de croisière, mais elle demeure bien réelle. Ainsi, les pavillons nationaux sont au nombre de 13 (deux de plus que l’an dernier) : Allemagne, Belgique, Bulgarie, Espagne, France, Hong Kong (nouveau), Italie, Japon, Pays-Bas, République tchèque, Royaume-Uni et Russie (nouveau).
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Avec le relais de croissance que représente le marché chinois, les marques sont de plus en plus nombreuses à venir exposer directement leurs instruments, plutôt que de se faire représenter par leur distributeur chinois, certaines optant même pour un choix plus radical : monter directement une filiale en Chine.

Un secteur toujours dynamique

L’empire du Milieu présente aujourd’hui des perspectives qui focalisent tous les regards. Si la Chine produit l’écrasante majorité des instruments de musique qu’elle consomme, elle n’en reste pas moins demandeuse dans le domaine du haut de gamme. Ainsi, les études montrent que le pays a importé pour 405 millions de dollars (353 millions d’euros) d’instruments de musique et d’accessoires en 2017, soit une hausse de 8 % en un an, pour un marché intérieur global estimé à un peu plus de 6,1 milliards de dollars (source : China National Bureau of Statistics). A titre de comparaison, le marché français est estimé entre 600 et 700 millions d’euros. Certes, les différences de population sont plus de l’ordre du coefficient 20 que 10, mais la classe moyenne chinoise s’est développée durant les quinze dernières années. Un mouvement qui semble ne pas vouloir s’arrêter, alors que sur d’autres continents, c’est l’inverse (rétrécissement de la classe moyenne) qui semble être à l’œuvre. En ce qui concerne les exportations, la Chine reste sans conteste l’usine du monde, avec une qualité globale qui augmente sensiblement d’année en année et qui permet aux marques locales de devenir crédibles sur le moyen de gamme, ce qui n’était pas le cas il y a seulement dix ans. Assurément, la prochaine étape sera celle du haut de gamme.

Création de filiales

Nombreux sont les groupes étrangers qui investissent sur le marché chinois, en créant des filiales et en multipliant les actions pédagogiques pour étendre la pratique instrumentale. C’est le cas du groupe américain Conn-Selmer – avec ses nombreuses marques de premier plan (trompettes et trombones Bach, notamment). Il faut reconnaître qu’en arpentant les allées, on ressent une véritable ferveur de la part du public. Certes, il faut parfois s’accommoder de montées intempestives en décibels en passant dans les halls des percussions, mais les allées sont bondées et les visiteurs avides de découvrir les nouveautés, écouter les démonstrations, ou même assister à des conférences. Bref, ce salon montre une vitalité unique si on le compare au Namm Show (Etats-Unis, janvier) ou à la Musikmesse (Allemagne, avril). Sans l’ombre d’un doute, pour le marché de la musique, quelque chose de spécial se passe en Chine (et plus généralement en Asie) aujourd’hui.
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