L’engagement syndical des musiciens

Suzanne Gervais 13/11/2018
Ils sont récemment montés au créneau au Grand-Théâtre de Bordeaux, car le concert d’ouverture de la saison lyrique avait été confié à une formation extérieure. Les syndicats des phalanges françaises font régulièrement entendre leur voix. Quel est l’état du syndicalisme dans les orchestres, mais aussi du côté des ensembles ?
Les musiciens de l’Orchestre philharmonique de Nice sont inquiets. La ville n’a pas prévu de remplacer les prochains départs à la retraite. « Notre budget artistique a été amputé de moitié depuis l’arrivée du nouveau chef, György Rath », se plaint un percussionniste. Depuis la publication d’un rapport de la Cour des comptes, en 2016, qui préconisait de faire passer l’orchestre de 99 à 70 musiciens, le mot d’ordre est “économies”. La phalange compte aujourd’hui 84 musiciens. Près de 50 % d’entre eux sont syndiqués. « Le Snam-CGT [principal syndicat de musiciens d’orchestre, NDLR] essaie de défendre nos postes, mais les syndicats n’ont pas de baguette magique », déplore le percussionniste.
Les orchestres permanents au créneau
Les chiffres du ministère du Travail sont clairs : avec un taux d’adhésion dans la fonction publique de 19 %, le syndicalisme ne fait plus rêver. Les élections n’attirent pas les foules au sein des entreprises. Ce sont d’abord les musiciens d’orchestre qui se sont associés pour défendre leurs intérêts, à la fin du 19e siècle. Rien d’étonnant donc à ce que, toutes professions confondues, les trente orchestres permanents du pays affichent un taux de syndicalisation bien plus élevé que la moyenne nationale : de 30 à 50 % selon les formations. Mais pour Jean-Paul Quennesson, corniste à l’Orchestre national de France et délégué syndical (Sud), l’engagement des musiciens est superficiel : « Les études au conservatoire conduisent à l’individualisme : l’orchestre a beau être une expérience communautaire, ce n’est pas naturel pour le musicien dans sa formation d’être éveillé à la conscience collective. » Un faible engagement, paradoxalement, alors que l’heure est à l’inquiétude : « Le métier est devenu très difficile, déplore Yves Sapir, violoniste au Capitole de Toulouse et vice-président du Snam-CGT. Il faut plus que jamais se battre pour légitimer nos métiers et montrer que les orchestres ne sont pas des dinosaures. »

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