Les 30 ans de l’Orchestre de Montpellier

Philippe Thanh 01/12/2009
Fondé en 1979 à l’initiative du maire Georges Frêche, qui veut en faire le pivot de la politique musicale de sa ville, l’Orchestre de Montpellier compte alors une trentaine de musiciens. Il deviendra orchestre de région en 1985 et s’installera dans des locaux fonctionnels, au Corum, en 1989. L’année suivante, le compositeur René Koering, directeur du Festival de Radio France et de Montpellier, en prend la tête. L’Orchestre compte alors quelque 80 musiciens. « L’Orchestre avait vocation à se produire dans le Festival et à participer aux enregistrements de celui-ci, se souvient René Koering. Il fallait donc qu’il progresse, ce que les musiciens ont très bien compris. »

Le résultat a été au rendez-vous et, lorsqu’on demande à René Koering en quoi son orchestre se distingue d’autres formations comparables de l’Hexagone, la réponse fuse aussitôt : « C’est l’importance de son répertoire ! Nos musiciens ont joué quelque 40 opéras rares* et une bonne trentaine de symphonies tout aussi méconnues. Assimiler le langage musical de nouveaux compositeurs leur demande un gros effort, mais, du coup, notre orchestre a acquis la réputation d’être un expert dans ces répertoires rares. »
Une politique qui vaudra à l’Orchestre un label d’orchestre national en 1999. Depuis 2000, il accueille des compositeurs en résidence : Jean-Louis Agobet, Jean-Jacques Di Tucci, Marco Antonio Pérez-Ramirez, Richard Dubugnon, Philippe Schoeller... En 2002, l’Orchestre et l’Opéra sont gérés par une structure commune, l’association Euterp.
Aujourd’hui, fort de quelque 94 musiciens, l’Orchestre national de Montpellier-Languedoc-Roussillon a pour directeur musical Lawrence Foster, tandis qu’Alain Altinoglu en est le premier chef invité. Montpellier accueille aussi en résidence Le Concert spirituel et son chef Hervé Niquet qui dirige régulièrement l’Orchestre de Montpellier : « Il nous a prouvé sa capacité à diriger le répertoire romantique », confie René Koering qui lui a confié Un requiem allemand de Brahms, avec en solistes des interprètes de premier plan puisqu’il s’agit de la soprano Henriette Bonde-Hansen et du baryton français Laurent Naouri (Opéra Berlioz, le 15 janvier à 20 h 30 et le 17 à 17 h, avec, en première partie, le Cantus firmus in memoriam Benjamin Britten de Pärt).
Au moment de passer la main, René Koering peut se vanter du travail accompli.

*Citons, parmi ceux qui font l’objet d’un enregistrement : Esmeralda de Louise Bertin, Le Duc d’Albe de Donizetti, Esther de Lidarti, Salomé de Mariotte, Les Fées du Rhin d’Offenbach, Marion Delorme de Ponchielli, Macbeth de Bloch, Le Livre de la jungle de Koechlin... (NDLR)
www.orchestre-montpellier.com

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