L’enseignement de la comédie musicale : paillettes ou arnaques ?

Suzanne Gervais 14/11/2018
La Philharmonie de Paris lui consacre une grande exposition. Et pour cause : la comédie musicale a les faveurs du public et les musiciens français sont de plus en plus nombreux à s’y frotter. Mais, entre écoles privées et séjours coûteux à l’étranger, se former relève souvent du parcours du combattant.
My Fair Lady au Zénith d’Orléans au printemps dernier, Chicago à Mogador, à Paris, cet automne, Peau d’âne au théâtre Marigny… Les castings de ces comédies musicales brassent des artistes issus d’horizons divers : pour les uns, les musiques actuelles et les micros des Zénith, pour les autres, la voix lyrique et les dorures des salles d’opéra. Nombre de chanteurs issus des cursus classiques des conservatoires font le choix de la comédie musicale. « La tendance est au mélange », confirme Pierre Samuel, actuellement à l’affiche de Chicago. Un grand écart stylistique qui est le quotidien du baryton-basse Anicet Castel, formé au conservatoire d’Orléans, puis au CMBV de Versailles : « Je chante dans plusieurs ensembles de musique ancienne et je me spécialise dans la comédie musicale : les deux ne sont pas incompatibles. » Or, la comédie musicale requiert une solide formation en chant, mais implique naturellement la maîtrise du théâtre et de la danse. Une formation pluridisciplinaire que n’offrent pas les conservatoires, à quelques exceptions près.

Une offre publique sporadique

Le conservatoire Nadia-et-Lili-Boulanger, dans le 9e arrondissement de Paris, abrite depuis vingt ans une formation “arts de la scène” orientée vers la comédie musicale. Le programme est chargé : danse, chant (techniques vocales, polyphonie…), théâtre et mime, avec la possibilité d’ajouter des cours de claquettes et de jazz ou de danse contemporaine. Les étudiants reçoivent une vingtaine d’heures de cours par semaine. A l’issue de la troisième année, ils peuvent obtenir un certificat d’études musicales en comédie musicale. « Les profils sont très variés, explique Manon Landowski, qui enseigne le chant. Ils viennent aussi bien de la danse, du théâtre, des musiques actuelles que du classique. Cette diversité est un atout pour le fonctionnement d’une troupe. »

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