Les cuivres : une famille formidable !

Antoine Pecqueur 11/02/2019
Réunissant cors, trompettes, trombones et tubas, cette section instrumentale a un fonctionnement à part entière – entre confraternité et tension. Avec le retour aux instruments naturels, elle est aussi en pleine mutation. Immersion totale.
De toutes les familles d’instruments, c’est celle dont les chefs se méfient en général le plus. Car dans un orchestre, les cuivres ont le pouvoir de tout déstabiliser. Il suffit qu’ils se mettent à accélérer ou à ralentir pour que le reste de l’orchestre soit obligé de les suivre. En raison du niveau de décibels, bien sûr, mais pas seulement. C’est aussi l’une des sections humainement les plus soudées de l’orchestre. Avec néanmoins, comme on va le voir, des différences importantes d’un pays à l’autre.

Une évolution de la facture

Mais attention aux caricatures. On a souvent eu tendance à associer les cuivres au désir de puissance sonore, au mépris de l’équilibre avec les autres familles d’instruments. Cette image pouvait se vérifier il y a quelques dizaines d’années dans certains orchestres. L’explication était à chercher tant du côté de la psychologie des musiciens que de la facture instrumentale : « Les facteurs d’instruments n’ont cessé, au cours de la deuxième moitié du 20e siècle, d’accroître la taille des instruments, et en particulier celle du pavillon, afin d’augmenter la projection sonore. Pour en arriver à des situations absurdes, avec des instruments surdimensionnés pour l’orchestre symphonique », nous glisse un tubiste parisien*. Outre-Atlantique, il faut entendre la section de cuivres de l’Orchestre symphonique de Chicago. La sonorité est brillante, la projection musclée. Des qualités qui fonctionnent davantage dans la musique de Mahler que dans celle de Haydn, bien évidemment. Mais il n’empêche : cette puissance collective a quelque chose d’irrésistible. « Il y a toutefois des différences importantes d’un orchestre américain à l’autre. Si, à Chicago ou à New York, la section mise sur la puissance, chez nous à Cleveland, ou à Boston, nous privilégions la balance avec les autres familles d’instruments », nous dit un corniste de l’Orchestre de Cleveland, considéré comme l’une des phalanges les plus “européennes” des Etats-Unis. Si l’on parle de plus en plus de mondialisation des sons d’orchestre, il demeure, avec les cuivres, des particularités fortes, qui tiennent aussi au caractère fusionnel des pupitres.

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