Harmonies et conservatoires : une alliance nécessaire

Suzanne Gervais 11/02/2019
Confrontées à des difficultés de recrutement, de plus en plus d’harmonies nouent des conventions avec les conservatoires. Des rapprochements salutaires, mais parfois difficiles à mettre en place.
« On a un endroit pour répéter. Et c’est déjà beaucoup », estime Thierry Deleruyelle, directeur de l’orchestre d’harmonie Voltige, qui entame sa quatrième année de résidence au CRR de Douai. Depuis la signature de la convention, c’est le conservatoire qui assure l’achat des partitions et prête ses percussions. Un soutien logistique précieux dont bénéficie également l’harmonie du Pays châtelleraudais,conventionnée avec le CRD depuis dix ans. « L’agglomération nous octroie une subvention de 1 400 euros par an, explique la cheffe d’orchestre Géraldine Thébault.Quand on a réglé les assurances et les cotisations aux fédérations, il ne reste pas grand-chose. On ne pourrait pas se payer une salle de répétition et du matériel. »

Les forces vives des harmonies

Les relations entre l’harmonie et le conservatoire ne se limitent pas à un soutien logistique. Géraldine Thébault est professeur de flûte traversière et Thierry Deleruyelle enseigne les percussions. « Quand une harmonie est conventionnée avec un conservatoire, c’est souvent un enseignant qui dirige l’orchestre », explique Thierry Deleruyelle. Une double fonction qui facilite les relations entre les deux structures. Mais le plus gros avantage des conventions est ailleurs. Les 2 600 harmonies et batteries-­fanfares de France peinent à recruter. En quelques années, certaines sont passées de 80 à 25 musiciens. Jusque dans les années 1960, harmonies et fanfares fleurissaient dans les bassins ouvriers. En 2019, le bilan est amer : beaucoup déclinent, malmenées par la désindustrialisation et l’exode rural. Or une convention avec un conservatoire est la garantie d’un vivier de jeunes musiciens. « Les élèves de fin de deuxième cycle et de troisième cycle valident leur pratique collective avec nous, explique Thierry Deleruyelle. Seuls, nous aurions trop de mal à recruter, surtout des jeunes. »
Les nouvelles recrues : le nerf de la guerre. Michel Videau joue de la flûte traversière à l’harmonie de Châtellerault depuis soixante ans. « On arrive à vivre parce qu’on a une convention avec le conservatoire, estime-t-il. Elle nous apporte une stabilité et une sécurité. » La convention est également gage de bon niveau pour l’harmonie, qui est, dès lors, dirigée par un chef compétent. A Châtellerault, les adultes qui jouent dans l’harmonie bénéficient de cours de soutien au conservatoire, une mesure qui garantit une pratique en amateur de qualité.

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