Concertos pour violon revisités

Alain Pâris 26/02/2019
Il n’y a rien de plus dangereux que les œuvres célèbres passées entre les mains des interprètes les plus illustres. Comment rester objectif quand résonnent dans nos oreilles des versions qui ont bercé notre jeunesse et nos années de formation ? Oublions le copier-coller et partons à la redécouverte de quelques chefs-d’œuvre du répertoire.
La musique de Mendelssohn est un trésor pour les musicologues : la plupart de ses œuvres ont connu plusieurs états, aussi intéressants les uns que les autres, et les versions alternatives ne sont accessibles que depuis quelques dizaines d’années. Ce qui est passionnant chez lui, c’est que la version définitive n’est pas nécessairement la dernière, du point de vue chronologique. Néanmoins, en ce qui concerne le Concerto pour violon en mi mineur, la seconde version est la bonne. Il y a une douzaine d’années, Bärenreiter publiait la première version de ce concerto (1844) et un Urtext de la version définitive (1845). Plus récemment, Breitkopf proposait son édition de la version 1844, et j’avais alors analysé les différences entre les deux versions (LM 488). Entre-temps, Clive Brown a eu accès à l’épreuve utilisée par le violoniste Hubert Léonard, qui joua ce concerto avec le compositeur en février 1845. Cette source apporte de nombreuses précisions sur les doigtés, positions, phrasés, usage des cordes à vide qui vont à l’encontre des traditions d’interprétation reconnues jusqu’à nos jours. Cela a incité Bärenreiter à remettre son ouvrage sur le métier avec un volume actualisé qui regroupe les deux versions, la seconde faisant l’objet d’une “mise à jour” par Clive Brown à la lumière de ces nouveaux éléments. En complément, dans un volume intitulé “Performance Practices in the Violin Concerto op. 64 and Chamber Music for Strings”, le même Clive Brown entre dans les moindres détails en comparant l’épreuve sur laquelle jouait Ferdinand David (le créateur) et celle d’Hubert Léonard, fac-similé à l’appui. La musicologie enrichie par l’interprétation gagne sans cesse du terrain, elle devient plus pragmatique, et c’est une excellente chose.

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