Ensembles baroques : une inégalité entre anciens et modernes

Les disparités de fonctionnement entre les formations pionnières de la révolution baroque et les nouveaux entrants sont patentes : si les premières sont devenues des institutions, les jeunes s’inscrivent dans des modèles très fragiles d’autogestion. Comment réduire ces inégalités dans un marché extrêmement concurrentiel ?
Depuis la révolution baroque, nombre d’ensembles sur instruments anciens ont éclos. Aujourd’hui, quatre générations coexistent, avec des fonctionnements très différents. « C’est beaucoup plus difficile pour ceux qui démarrent, le chemin est plus long, la concurrence plus rude, explique Louis Presset, délégué général de la Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés (Fevis). Ces ensembles doivent intégrer dans leur développement un modèle économique différent. Il faut être imaginatif, multiplier les cofinancements et les subventions croisées. La situation n’est plus la même qu’avant. » Globalement, la moyenne des financements apportés par l’Etat tourne autour de 30 %. Mais pour certains ils ne représentent que 10 %, à activité égale, et les délais pour les obtenir sont de plus en plus longs.

Une logique de survie

Quel que soit leur budget, on impose aux nouveaux le même cahier des charges qu’aux anciens. Si, de l’extérieur, les ensembles nés il y a une dizaine d’années comme Pygmalion ou Correspondances ont des projets à foison, quand on gratte le vernis, on s’aperçoit que les caisses se remplissent difficilement. Et ces jeunes ensembles peinent à injecter de l’argent dans la création, qui est pourtant le cœur du métier. « On est en sous-structuration permanente, les subventions ne couvrent même pas le fonctionnement, déjà très réduit, souligne Céline Portes, déléguée générale de Correspondances. Nous sommes davantage dans une logique de survie que dans une logique de pérennisation. » Plusieurs jeunes ensembles produisent eux-mêmes leurs concerts, leurs disques, montent leur propre festival… Ils s’inscrivent ainsi dans une démarche plus entrepreneuriale qu’auparavant. Ils arrivent avec de nouveaux outils, de nouvelles manières de faire. « Nous n’avons pas la même logique que les anciens, poursuit Céline Portes. Nous sommes comme de petites start-up, avec une équipe extrêmement polyvalente, alors que certains de nos aînés deviennent des institutions. »

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