Exclusif : Catherine Ruggeri, préfiguratrice du Centre national de la musique

Antoine Pecqueur 21/03/2019
Franck Riester confie à cette inspectrice générale des affaires culturelles, passée par l’ENA, la préfiguration du CNM. Un dossier plus que jamais explosif.

C’est jeudi 21 mars que Franck Riester doit annoncer la nomination de Catherine Ruggeri en tant que préfiguratrice du Centre National de la Musique (CNM). Cette annonce très attendue devrait donner un coup d’accélérateur à un projet qui tient tout particulièrement à cœur au nouveau Ministre de la Culture – il avait déjà réalisé un rapport défendant la création du CNM  en 2011, à l’attention de Frédéric Mitterrand.

Le choix de Catherine Ruggeri s’inscrit dans le cadre des nominations paritaires que préconise désormais la Rue de Valois. Cette inspectrice générales des affaires culturelles, formée à l’ENA, connaît les rouages du financement de la culture : elle a été secrétaire générale adjointe du ministère de la Culture, a dirigé le Mobilier national et les manufactures des Gobelins. Un parcours de technocrate qui devrait lui permettre d’appréhender les rouages pour le moins complexes de la création d’un centre devant réunir les secteurs privés et subventionnés de la musique. Et surtout, Catherine Ruggeri a l’avantage d’être extérieur au monde de la musique, et donc de ne pas être apparentée à une chapelle en particulier. Un arbitre neutre en zone de conflit.

Car une chose est sûre : c’est un dossier explosif qui l’attend. Le projet de créer un centre de la musique aura pour but de réunir des acteurs aux modèles économiques et aux missions opposées, depuis un orchestre symphonique jusqu’à un opérateur de musiques actuelles. Depuis la publication dans nos colonnes de la note interne de la Direction générale de la création artistique (DGCA) du ministère de la Culture, le secteur est en ébullition. Car de nombreuses questions sont en suspens. Quel sera le statut du Centre ? Un EPIC comme le préconise le rapport des députés Pascal Bois et Emilie Cariou, ou bien un EPA, c’est-à-dire un opérateur de l’Etat, comme le souhaite la DGCA ? Et quid du rôle des organismes de gestion collective ? Le Bureau Export doit-il être rattaché à l’Institut français, comme le propose la note de la DGCA ? Les missions même du CNM doivent être définies. Doit-il par exemple comprendre l’éducation artistique et culturelle, pré-carré jusque là historique du Ministère ? Quant au financement, l’extension de la taxe sur la billetterie au secteur de la musique classique et, par conséquent, la remise à plat du droit de tirage devrait faire débat. Les prochaines semaines seront décisives : au-delà de la préfiguration, Catherine Ruggeri pourrait en effet devenir à terme la directrice du CNM, ou pas.

Antoine Pecqueur

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