Opéra de Paris : une shortlist exclusivement masculine

Antoine Pecqueur 25/03/2019
Christina Scheppelmann, qui était la seule femme en lice, vient de prendre la direction de l’Opéra de Seattle.

Le symbole est navrant. Alors que l’Etat défend les nominations paritaires, les dix candidats pour reprendre la direction de l’Opéra de Paris sont désormais tous des hommes. Il y avait jusqu’à la semaine dernière une seule femme en lice, Christina Scheppelmann, la directrice artistique sortante du Liceu de Barcelone. Mais elle vient d’accepter la direction de l’Opéra de Seattle. Le retrait de sa candidature interroge, d’autant que le poste de Seattle est bien moins prestigieux que celui de Paris : a-t-elle senti que son dossier n’aurait que peu de chances d’être sélectionné face aux poids lourds du secteur ? Les jeux seraient-ils déjà faits ? La présence d’une seule femme traduisait déjà une situation pour le moins inégalitaire.

On rappelle les dix autres candidats en lice : Peter de Caluwe (La Monnaie de Bruxelles), Christophe Ghristi (Capitole de Toulouse),  Alexander Neef (Opéra de Toronto), Joan Matabosch (Teatro Real de Madrid), Jean-Marie Blanchard (ex-directeur du Grand théâtre de Genève), Olivier Mantei (Opéra Comique), Jean-Louis Grinda (Opéra de Monte-Carlo), Dominique Meyer (Opéra de Vienne), Laurent Joyeux (Opéra de Dijon) et Marc Minkowski (Opéra de Bordeaux).

Après avoir été auditionnés par un comité composé de Jean-Pierre Clamadieu (président du Conseil d’administration de l’Opéra), Laurent Bayle (directeur général de la Philharmonie de Paris), la chorégraphe Sascha Waltz, Sylviane Tarsot-Gillery (Directrice générale de la création artistique) et le chef d’orchestre James Conlon, les noms des candidats retenus doivent être transmis au ministre de la Culture. Et in fine, c’est le président de la République qui doit nommer le directeur de l’Opéra de Paris. La décision est attendue cette semaine.


Parmi les différents profils se dégage celui d’Olivier Mantei, qui peut se targuer d’avoir développé, notamment au Théâtre des Bouffes du Nord, une forme hybride entre le public et le privé. Un atout aujourd’hui dans l’écosystème culturel. Mais sa nomination obligerait à recruter son successeur à l’Opéra Comique. Sans compter que l’Opéra de Lyon doit lui aussi rapidement trouver un remplaçant à Serge Dorny. Le mercato lyrique ne fait donc que débuter. Il est dès lors urgent que ce secteur s’ouvre aux femmes. En Scandinavie, les deux principaux opéras, ceux d’Oslo et de Stockholm, sont dirigés par des femmes.

Antoine Pecqueur

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