Pupitre et tableau noir

Suzanne Gervais 04/04/2019
Cécile Pierrot partage sa vie entre son poste d’institutrice dans une école du Val-de-Marne et les concerts des ensembles comme Les Métaboles.
«J’atteins des semaines de 95 heures », confie Cécile Pierrot, l’œil sur sa montre. En fin d’après-midi, elle doit aller chercher son petit garçon. L’institutrice de 37 ans est aussi soprano et chante au sein de plusieurs ensembles : Les Métaboles ou Zene, essentiellement. Un rythme d’enfer qui l’a obligée, il y a deux ans, à demander un mi-temps à l’Education nationale. Correction des devoirs, réunions avec les professeurs, répétitions, auxquels s’ajoute la logistique inhérente au statut de musicien free-lance… Cécile adore ses deux métiers, mais les nuits sont souvent courtes.

Cordes vocales tout terrain

Le plus délicat, c’est la voix. « Maîtresse d’école et chanteuse lyrique, sur le papier, c’est presque incompatible », dit-elle dans un sourire. Les jours de classe, Cécile parle jusqu’à six heures d’affilée, et à pleins poumons. « Pas besoin de chauffer ma voix quand j’arrive en répétition : j’ai les cordes vocales hypermusclées. » Inversement, sa pratique du chant lui permet de contrôler son débit face à des CE1 parfois turbulents. « Grâce à ma technique vocale, je ne leur crie pas dessus comme une poissonnière ! » Et puis se retrouver face à une classe ou face au public, ce n’est pas si différent. « Quand tu es nulle, les enfants te le font savoir tout de suite. » Cécile donne cinq à six concerts par mois. Parfois, ils tombent en semaine, la contraignant à aménager sa journée : « Ces jours-là, je suis toujours un peu stressée. Je fais faire plus d’écrit à mes élèves, je prévois des séances calmes… »

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