Saint-Saëns attend son heure

Alain Pâris 04/04/2019
Lorsque le tsunami beethovénien qui se prépare pour 2020 aura cessé de déferler, ce sera l’heure de découvrir qu’un siècle s’est écoulé depuis la mort de Saint-Saëns. Les éditeurs en sont conscients et travaillent depuis plusieurs années sur la question.
La musique de Saint-Saëns a connu un grand succès de son vivant, mais elle a été ensuite l’objet d’une méfiance à laquelle s’ajoutaient des appréciations peu élogieuses : classique, indépendant, virtuose, exotique ; bref, tout pour déplaire, surtout lorsque le nouvel académisme qu’a connu le monde musical français il y a une cinquantaine d’années jeta une fatwa sur sa musique. Hors de nos frontières, elle était appréciée, pas seulement Samson et Dalila, la Symphonie avec orgue ou le Rondo capriccioso. Outre-Rhin, on aimait son classicisme, son sens de la construction ; en Italie, le côté chantant de ses lignes mélodiques ; en terre anglo-saxonne, son élégance à la française. Bref, tout le monde l’aimait, mais il n’était plus prophète en son pays. Et la réaction est venue de l’étranger. D’abord avec les concertos puis avec la musique chorale et la musique de chambre ; maintenant Saint-Saëns fait enfin l’objet d’un courant d’intérêt général. Mais certaines partitions restent difficiles à trouver et, pour les œuvres les plus jouées, l’éditeur d’origine s’est contenté de retirages sans se soucier de corriger les fautes que des générations d’instrumentistes avaient relevées. Les éditeurs d’outre-Rhin ont vite compris qu’il y avait un marché à prendre dès que les œuvres de Saint-Saëns sont tombées dans le domaine public. Plusieurs d’entre eux se sont attaqués à ce répertoire et une édition critique a commencé à voir le jour chez Bärenreiter.

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