Supplémentaire : un choix de carrière?

Suzanne Gervais 04/04/2019
Maillons indispensables de la vie des orchestres permanents, les supplémentaires tournent de maison en maison. Si, pour certains, la situation est temporaire, voire subie, en attendant de remporter un concours, pour d’autres, c’est un véritable choix de carrière.
« Je suis musicienne supplémentaire et j’en suis fière », explique Audrey-Anne Hetz. La bassoniste est une habituée des orchestres de Radio France et de celui de l’Opéra de Massy. Elle admet pourtant qu’être musicienne supplémentaire « n’était pas un rêve de petite fille ». En sortant du conservatoire, elle tente d’entrer dans les orchestres, mais comprend très vite qu’enchaîner les concours n’est pas fait pour elle. Un choix, au départ, difficile à assumer : « Pendant nos études, on nous explique que ceux qui entrent dans les orchestres sont les meilleurs. Ceux qui sont intelligents deviennent profs et les autres… ce sont les bouche-trous. » Titulaire dans un orchestre : le graal. « Le choix de l’indépendance n’est pas facile. En musique comme en couple, nous sommes éduqués pour nous marier », déplore Audrey-Anne Hetz.

Une vocation... et un business ?

En France, la scène free-lance est particulièrement active grâce au statut de l’intermittence. De plus en plus de musiciens endossent donc l’habit de nomade de l’orchestre. Le contexte y est aussi pour beaucoup : peu de postes disponibles pour un nombre croissant de musiciens qui sortent des établissements d’enseignement supérieurs. Sophie Bollich, violoniste titulaire à l’Orchestre national des Pays de la Loire (ONPL) et ancienne supplémentaire, reconnaît qu’elle gagnais mieux sa vie quand elle tournait dans les quatre orchestres chez qui elle avait ses habitudes. L’appât du gain n’est pourtant pas la motivation première des musiciens qui choisissent une telle carrière. Cela correspond davantage à un esprit d’indépendance. « Beaucoup de musiciens veulent échapper au carcan de l’orchestre, refusent de subir les plannings et les programmes imposés par le chef », note Sophie Bollich.

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