Au Salon de Francfort, les instruments silencieux et hybrides à l’honneur

Marc Rouvé 24/04/2019
Début avril, le plus grand salon européen consacré à la musique a réuni 85 000 visiteurs. L’occasion de découvrir un certain nombre de nouveautés, même si les grandes marques ont boudé l’événement.
Il semble bien loin le temps où la Musikmesse s’étendait sur huit halls, demandant au visiteur des jambes solides pour parcourir les milliers de mètres carrés de surface d’exposition. Mais c’était une autre époque pour le marché européen, pourtant pas si lointaine, car il y a encore dix ans, la Musikmesse demeurait un événement incontournable pour les fabricants du monte entier. Que s’est-il donc passé ? Un marché européen arrivé à maturité ? L’explosion de l’internet qui rendrait moins essentiel le contact direct ? À cela peut s’ajouter la volonté des marques de concentrer leurs budgets sur les deux salons mondiaux (Namm de Los Angeles et Music China de Shanghai)…

Dimension business

L’absence de la quasi-totalité des grands marques s’est fait cruellement sentir. Encore présent l’an dernier avec un espace d’exposition important, Yamaha avait décliné l’invitation cette année. La plupart des exposants présents se sont tout de même félicités du climat “business” qui régnait sur les stands, l’orientation professionnelle étant clairement mise en avant par l’organisation. Le grand public n’était toutefois pas oublié, le salon proposant en parallèle le Musikmesse Festival, avec de nombreux concerts, ateliers, conférences… Même s’il n’y avait pas de pavillon français, certains fabricants tricolores exposaient leurs modèles : Bergerault et sa gamme de percussions, les chevalets Despiau, les becs et anches (saxophone, clarinette) Brancher, les violons électriques de 3D Varius (avec ses gammes Line et Equinox), les accessoires pour instruments à vent Hérouard et Bénard, les percussions colorées de Ludophone, ou encore les hangs (percussions mélodiques en métal) de Metal Sounds. Pour rester dans le domaine de la percussion, on a pu découvrir le Keytam, né de l’imagination fertile de Guillaume Toutain. Il s’agit d’une percussion mélodique qui se tient comme une guitare. Il est possible de décliner des mélodies sur une octave et demie en faisant varier la tension de la peau. Les sons graves sont particulièrement riches et descendant jusqu’à 30 Hz, fréquence d’habitude réservée aux instruments plus imposants. Souhaitons que cet instrument novateur parvienne à se faire une place auprès des musiciens et des compositeurs.

Jouer en silence

Du côté des claviers, Kawai exposait ses modèles acoustiques et numériques. Dans cette dernière catégorie, il faut mentionner la déclinaison en finition noire laquée des modèles CA78 et CA98, qui donne un aspect proche de celui d’un piano acoustique. Le modèle K300 Aures, sorti il y a quelques mois, est un piano hybride qui illustre bien la tendance actuelle du marché. La possibilité de passer en mode silencieux est un argument de plus en plus décisif lors de l’achat.
Un phénomène qui touche aussi les instruments à vent. Ainsi, le Mute Tube fera le bonheur des trompettistes souhaitant préserver de bonnes relations avec leur voisinage. Il s’agit d’un tube compact au design soigné (un blanc sobre à l’extérieur) avec un intérieur optimisé sur le plan acoustique, non seulement pour réduire les émissions sonores (25 dB), mais aussi pour permettre une prise de son de qualité en installant un micro, avec prise XLR de sortie audio intégrée. Le Mute Tube peut se fixer sur un stand (avec réglage de l’inclinaison), recevoir un pupitre sur le dessus ou tout simplement se poser sur une table. Assurément plus économique qu’une cabine insonorisée. Dans la même veine, le Freedom Player s’adresse aux clarinettistes et saxophonistes. Cet accessoire, qui a la forme d’un petit boîtier électronique, ne vous rendra peut-être pas plus libre, mais pourra vous apporter une aide précieuse. En effet, il se fixe entre le bec et le corps de l’instrument et agit comme une sourdine (vous vous écoutez alors grâce à un casque sans fil), il vous indique les notes jouées, vous permet de jouer sur des play-back en Bluetooth… En somme, la technologie au service de la musique.
Annoncée pour avril 2020, la prochaine Musikmesse sera une édition spéciale, puisqu’elle marquera le 40e anniversaire du salon allemand.
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