L’écologie au conservatoire, vue par une élève

24/04/2019
Solange, 10 ans, a voulu savoir comment son établissement, à Levallois-Perret, participe à la protection de l’environnement.

Les gestes écologiques au conservatoire sont de différents types, selon que l’on parle des petites tâches du quotidien ou des enseignements artistiques. La direction, l’équipe administrative et les professeurs sont tous d’accord pour utiliser des tasses plutôt que des gobelets jetables et limiter l’utilisation du papier et des photocopies . Certains professeurs, comme la pianiste Verena Dietrich, font davantage travailler leurs élèves sur des recueils de partitions. Au secrétariat, Sabrina Lenoir m’a confié que l’administration rappelle régulièrement à tous (professeurs, élèves, parents…) qu’il faut éviter le gaspillage : en pensant à éteindre la lumière quand on quitte une salle de cours et la photocopieuse quand on a fini de s’en servir, à se couvrir plutôt que de mettre le chauffage à fond, à monter les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur… Il y a toujours des distraits, mais tout le monde se sent concerné par le sujet. De nombreuses personnes, par exemple, souhaiteraient trier leurs déchets sur place, ce qui n’est pas possible en l’absence de poubelles de tri. Claire Lansiaux, la directrice, aimerait que de nouvelles poubelles, permettant le tri, soient commandées. Le bémol, c’est que la société de nettoyage privée risque de tout mélanger ensuite, car elle manque elle-même d’équipements adaptés ! La mairie a lancé une étude sur le sujet.

Opinion politique ?

Claire Lansiaux pense également que l’on peut faire passer des messages par la pratique artistique, comme récemment dans une “Musicale enfantine”, spectacle monté par des élèves de 1er cycle. Pour la production “Un paradis sur terre”, les élèves de danse contemporaine se sont ainsi servi d’emballages et de cartons sur scène, pour dénoncer le gaspillage. Quant à Verena Dietrich, elle a déjà organisé des auditions sur le thème de la nature, mais sans motivation écologique : « Les professeurs sont tenus par un principe de neutralité », c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas exprimer leurs opinions politiques ou religieuses, « c’est surtout aux parents de s’engager en la matière », me dit-elle. Pour la maman d’Héloïse, institutrice elle-même, il ne s’agit pas de politique, mais plutôt de « règles de vie » qui s’appliquent à tous. Verena Dietrich pense par ailleurs que jouer de la musique nous apprend à écouter, nous sensibilise à la beauté et donc nous conduit à écouter, à aimer la nature et à vouloir la protéger.

Produits recyclables

Finalement, les personnes les plus critiques que j’ai rencontrées, ce sont les élèves ! Héloïse, qui a le même âge que moi, pense que le conservatoire pourrait donner davantage l’exemple : la cafétéria de la salle de spectacle vend des canettes, donne des pailles et des gobelets en plastique, même si l’on demande des verres. Paul et Victor, 11 ans tous les deux, n’ont jamais entendu parler d’écologie au conservatoire et s’en étonnent. En effet, « le conservatoire pollue, en soi, car il consomme énormément d’électricité »! Même s’ils ont conscience que ce n’est pas la première mission des professeurs, ils pensent qu’« on pourrait au moins en parler avec eux entre les cours ». Ils voudraient pouvoir acheter à la cafétéria des goûters aux emballages recyclables et faire installer des panneaux solaires sur le toit du conservatoire. J’ai demandé à la directrice si, un jour, nous pourrions arrêter d’utiliser des partitions en papier : l’Orchestre national d’Île-de-France, que j’ai entendu à la Philharmonie de Paris, utilise désormais des tablettes. Claire Lansiaux aimerait bien en faire autant au conservatoire Maurice-Ravel, mais c’est malheureusement inenvisageable pour des raisons financières.
En résumé, les idées ne manquent pas pour améliorer la situation. Mme Lansiaux m’a même proposé d’organiser une miniconférence sur l’écologie pour que l’on puisse en discuter tous ensemble d’ici à la fin de l’année scolaire. Et elle a ajouté : « Qui dit artistes ne doit pas dire pollueurs – bien au contraire ! »

Solange Bardou

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