Accueillir les organistes de Notre-Dame

29/05/2019
Mardi 16 avril, au lendemain du terrible incendie qui a frappé Notre-Dame de Paris, le monde entier s’inquiétait pour l’état de la cathédrale, de ses œuvres d’art et, en particulier les musiciens et les mélomanes, pour son grand orgue. C’est oublier que la cathédrale dispose de deux instruments, dont celui de chœur. Si le travail des pompiers a permis d’épargner les tours et l’instrument de tribune, il n’en va pas de même de l’orgue de chœur, placé à l’endroit même où une partie de la voûte s’est écroulée.

Les instruments de Notre-Dame seront reconstruits ou soignés (l’importante température et les cendres ont certainement dû faire souffrir le grand instrument), mais qu’en est-il des hommes qui tiennent ces claviers ? Cette souffrance était bien visible sur le visage d’Yves Castagnet, qui a vécu en direct cet incendie et la mort de son instrument de travail, son complice depuis trente ans, celui à qui il parle chaque jour, qu’il apprivoise et fait chanter. Paris dispose d’autant de tribunes qu’il y a de samedis, de dimanches et de jours de fêtes religieuses dans une année. Est-il impensable que, par solidarité, les titulaires de Paris, voire de France, cèdent leur tribune un jour par an durant la période de reconstruction, à chacun des quatre titulaires de Notre-Dame de Paris ?
Ce geste amical apporterait certainement un peu de réconfort à ces hommes meurtris. Sachons toutefois que ce sera pour ces talentueux professionnels un véritable défi à relever, car chaque instrument est unique. Par chance, on ne déplore aucune mort physique dans ce drame, puisse donc ce vœu être entendu !

Jean-Marie Houdayer
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