Sylvain Cambreling : « Eva Kleinitz avait un amour débordant pour les chanteurs »

Antoine Pecqueur 31/05/2019

Le chef d’orchestre français réagit à la disparition jeudi 30 mai de la directrice générale de l’Opéra du Rhin, avec qui il a étroitement travaillé à l’Opéra de Stuttgart.

« J’ai rencontré pour la première fois Eva Kleinitz au début des années 2000 lorsqu’elle avait en charge la programmation artistique du Festival de Bregenz. Nous avions monté un opéra du compositeur autrichien Georg Friedrich Haas, qui n’était alors pas aussi connu qu’aujourd’hui. Eva Kleinitz a toujours été très ouverte en terme de répertoire, depuis la musique baroque historiquement informée jusqu’à la création contemporaine. Je l’ai ensuite retrouvée à l’Opéra de Stuttgart en 2011, où elle était directrice artistique et moi directeur musical. Eva avait un amour débordant pour les chanteurs, elle aimait découvrir les voix. Elle avait l’oreille pour ! Elle cherchait des personnalités, des timbres qui allaient correspondre parfaitement à un rôle précis. Nous n’étions d’ailleurs pas toujours d’accord ! Je ne sais pas combien de dizaines ou de centaines d’auditions elle a pu faire. Elle a aussi contribué à monter une nouvelle troupe remarquable à l’Opéra de Stuttgart. Je garde d’elle le souvenir d’une personne qui, avant sa maladie, irradiait de lumière, avec une personnalité constructive, pleine de ténacité. Je retiens aussi sa force de travail. Elle ne supportait pas chez les autres la paresse ou l’incompétence. C’était une collègue de travail formidable. Toute sa vie, elle aura été fidèle à ses amitiés et ses idées. »
 
Propos recueillis par Antoine Pecqueur
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